Poésies Complètes – Tome 1

Poésies Complètes – Tome 1

Author:
Théophile Gautier
Author:
Théophile Gautier
Format:
epub
language:
French

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Author: Gautier, Théophile, 1811-1872
French poetry — 19th century
Poésies Complètes – Tome 1
Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L’orthographe d’origine a été conservée et n’a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n’ont pas été repris.

THÉOPHILE GAUTIER


POÉSIES
COMPLÈTES


TOME PREMIER


PARIS
G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS
11, RUE DE GRENELLE, 11


1889

POÉSIES COMPLÈTES
DE
THÉOPHILE GAUTIER
I

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR
PUBLIÉS DANS LA BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER
à 3 fr. 50 chaque volume

Poésies complètes 2 vol.
Émaux et Camées. Édition définitive, ornée d’un Portrait à l’eau-forte par J. Jacquemart 1 vol.
Mademoiselle de Maupin 1 vol.
Le Capitaine Fracasse 2 vol.
Le Roman de la Momie 1 vol.
Spirite, nouvelle fantastique 1 vol.
Voyage en Italie. (Nouvelle édition) 1 vol.
Voyage en Espagne (Tra los montes) 1 vol.
Voyage en Russie 1 vol.
Romans et Contes (Avatar.—Jettatura, etc.) 1 vol.
Nouvelles (La Morte amoureuse.—Fortunio, etc) 1 vol.
Tableaux de Siège.—(Paris, 1870-1871) 1 vol.
Théatre (Mystère, Comédies et Ballets) 1 vol.
Les Jeunes-France, suivis de Contes humouristiques 1 vol.
Histoire du Romantisme, suivie de Notices romantiques et d’une Étude sur les Progrès de la Poésie française (1830-1868) 1 vol.
Portraits contemporains (littérateurs, peintres, sculpteurs, artistes dramatiques), avec un portrait de Th. Gautier, d’après une gravure à l’eau-forte par lui-même, vers 1833 1 vol.
L’Orient 2 vol.
Le Capitaine Fracasse, illustré de 60 dessins par G. Doré, gravées sur bois par les premiers artistes. 1 vol. grand in-18 24 fr.

Paris.—Typ. G. Chamerot, 19, rue des Saints-Pères.—23886

AVERTISSEMENT

Cette nouvelle édition des poésies complètes de Théophile Gautier, est divisée en trois séries:
1o les deux volumes que nous publions;
2o les Émaux et Camées.
Le poëte ayant donné lui-même, en 1872, une édition définitive des Émaux et Camées, nous n’avons pas eu à nous en occuper.
Voici comment nous avons procédé pour les deux premiers volumes.
En principe, nous avons adopté partout l’ordre chronologique.
Le premier volume s’ouvre donc par les: «Poésies» parues en 1830, qui se terminaient par la pièce intitulée: Soleil couchant. Elles furent remises en vente en 1832, avec adjonction d’une préface, de quelques pièces nouvelles et d’Albertus; en un volume, portant le titre de: Albertus ou l’Ame et le Péché. C’est ce volume (daté de 1833) qui nous a servi de modèle. Théophile Gautier y ayant fait quelques corrections, en 1845, lors de la publication de ses Poésies complètes, nous avons respecté ces corrections.
Des nécessités typographiques avaient forcé l’éditeur de 1845 à diviser la première partie de l’œuvre en quatre groupes: «Élégies,—Paysages,—Intérieurs,—Fantaisies.»—Par suite de cette disposition, les titres avaient été remplacés par des numéros, les épigraphes et les dédicaces avaient disparu, la préface d’Albertus avait été supprimée.
Quelques pièces du recueil de 1832 avaient été omises dans celui de 1845, nous les avons remises à leurs places et réimprimées pour la première fois. Trois autres, au contraire, qui ne figuraient pas parmi celles du volume de 1830-1832 y avaient été mêlées par erreur, nous leur avons rendu leurs places dans le second volume.
En même temps que nous avons restitué aux poëmes leur classement primitif, nous les avons réimprimés tels qu’ils étaient dans l’édition originale, avec leurs titres, leurs dédicaces et leurs épigraphes. Enfin nous avons rétabli la préface d’Albertus en tête de la première partie de ce premier volume, lequel se termine par les pièces composées de 1833 à 1838, et qui furent publiées pour la première fois à cette dernière date à la suite de La Comédie de la Mort.
Tel est le plan du premier volume.
Le second volume comprend:
1o La Comédie de la Mort (1838);
2o España et les Poésies diverses (1838-1845), conformément au texte de l’édition de 1845;
3o Toutes les poésies publiées depuis 1831 jusqu’à 1872, restées éparses dans les journaux et les revues et que le poëte n’avait pas pris le soin de réunir;
4o Enfin, toutes les poésies absolument inédites dont nous avons retrouvé les autographes.
Dans ces deux volumes nous avons daté les morceaux chaque fois qu’il nous a été possible de le faire avec certitude. Un grand nombre de pièces et de fragments avaient disparu lors des diverses réimpressions, nous les avons rétablis.
Pour la publication des Poésies inédites et des Poésies posthumes, nous avons, après mûre réflexion, adopté une règle inflexible, dont nous devons rendre compte au public lettré.
Nous avions à choisir entre deux méthodes: il nous fallait, ou publier tout, ou faire un choix. Nous nous sommes rappelé que notre mission était de recueillir et non de juger. Il nous a semblé que nul éditeur honnête et respectueux n’avait le droit de dire: «Théophile Gautier aurait publié ce morceau.» ou bien: «Il eût supprimé celui-là.» Nous n’avons donc rien supprimé.
Avons-nous retrouvé toutes les poésies inédites de Théophile Gautier? Nous répondons sans hésiter:—Non.
Nous savons pertinemment qu’il en existe beaucoup d’autres encore. La certitude nous en a été acquise par le grand nombre même des pièces que nous avons découvertes; la preuve incontestable nous en a été fournie à diverses reprises au cours même de nos recherches.
Nous faisons ici appel à tous ceux entre les mains desquels se trouvent des manuscrits de Théophile Gautier, nous les supplions de nous en donner communication. Nous leur rappelons que c’est pour eux un devoir sacré de probité littéraire, de rendre à l’œuvre du poëte tout ce qui lui appartient.
M. D.
Septembre 1875.
1 2

PRÉFACE

L’auteur du présent livre est un jeune homme frileux et maladif qui use sa vie en famille avec deux ou trois amis et à peu près autant de chats.
Un espace de quelques pieds où il fait moins froid qu’ailleurs, c’est pour lui l’univers.—Le manteau de la cheminée est son ciel; la plaque, son horizon.
Il n’a vu du monde que ce que l’on en voit par la fenêtre, et il n’a pas eu envie d’en voir davantage. Il n’a aucune couleur politique; il n’est ni rouge, ni blanc, ni même tricolore; il n’est rien, il ne s’aperçoit des révolutions que lorsque les balles cassent les vitres. Il aime mieux être assis que debout, couché qu’assis.—C’est une habitude toute prise quand la mort vient nous coucher pour toujours.—Il fait des vers pour avoir un prétexte de ne rien faire, et ne fait rien sous prétexte qu’il fait des vers.
Cependant, si éloigné qu’il soit des choses de la vie, il sait que le vent ne souffle pas à la poésie; il sent parfaitement toute l’inopportunité d’une pareille publication; pourtant il ne craint pas de jeter entre deux émeutes, peut-être entre deux pestes, un volume purement littéraire; il a pensé que c’était une œuvre pie et méritoire par la prose qui court, qu’une œuvre d’art et de fantaisie où l’on ne fait aucun appel aux passions mauvaises, où l’on n’a exploité aucune turpitude pour le succès.
Il s’est imaginé (a-t-il tort ou raison?) qu’il y avait encore de par la France quelques bonnes gens comme lui qui s’ennuyaient mortellement de toute cette politique hargneuse des grands journaux, et dont le cœur se levait à cette polémique indécente et furibonde de maintenant.
Pour les critiques d’art ou de grammaire qu’on pourra lui adresser, il y souscrit d’avance.—Il connaît très-bien les défauts et les taches de son livre; s’il n’a pas évité les uns et enlevé les autres, c’est qu’ils sont tellement inhérents à sa nature, qu’il ne saurait exister sans eux; du moins c’est l’excuse qu’il donne à sa paresse.
Quant aux utilitaires, utopistes, économistes, saint-simonistes et autres qui lui demanderont à quoi cela rime,—il répondra: Le premier vers rime avec le second quand la rime n’est pas mauvaise, et ainsi de suite.
A quoi cela sert-il?—Cela sert à être beau.—N’est-ce pas assez? comme les fleurs, comme les parfums, comme les oiseaux, comme tout ce que l’homme n’a pu détourner et dépraver à son usage.
En général, dès qu’une chose devient utile, elle cesse d’être belle.—Elle rentre dans la vie positive, de poésie elle devient prose, de libre, esclave.—Tout l’art est là.—L’art, c’est la liberté, le luxe, l’efflorescence, c’est l’épanouissement de l’âme dans l’oisiveté.—La peinture, la sculpture, la musique ne servent absolument à rien. Les bijoux curieusement ciselés, les colifichets rares, les parures singulières, sont de pures superfluités.—Qui voudrait cependant les retrancher?—Le bonheur ne consiste pas à avoir ce qui est indispensable; ne pas souffrir n’est pas jouir, et les objets dont on a le moins besoin sont ceux qui charment le plus.—Il y a et il y aura toujours des âmes artistes à qui les tableaux d’Ingres et de Delacroix, les aquarelles de Boulanger et de Decamps sembleront plus utiles que les chemins de fer et les bateaux à vapeur.
A tout cela si on lui répond: «Fort bien,—mais vos vers ne sont pas beaux.» Il passera condamnation et tâchera de s’amender.—Il espère toutefois qu’on voudra bien lui savoir gré de l’intention.
—Maintenant, deux mots sur ce volume.—Les pièces qu’il renferme ont été composées à de grandes distances les unes des autres, et imprimées au fur et à mesure, sans autre ordre que celui des dates qu’on n’a pas indiquées; l’auteur n’a pas eu la prétention de faire des monuments. Les premières se rattachent presque à son enfance; les dernières, le poëme surtout, le touchent de plus près; les plus anciennes remontent jusqu’en 1826.—Six ans, c’est un siècle aujourd’hui; les plus modernes sont de 1831.—On verra s’il y a progrès.
Ce sont d’abord de petits intérieurs d’un effet doux et calme, de petits paysages à la manière des Flamands, d’une touche tranquille, d’une couleur un peu étouffée, ni grandes montagnes, ni perspectives à perte de vue, ni torrents, ni cataractes.—Des plaines unies avec des lointains de cobalt, d’humbles coteaux rayés où serpente un chemin, une chaumière qui fume, un ruisseau qui gazouille sous les nénuphars, un buisson avec ses baies rouges, une marguerite qui tremble sous la rosée.—Un nuage qui passe jetant son ombre sur les blés, une cigogne qui s’abat sur un donjon gothique.—Voilà tout; et puis, pour animer la scène, une grenouille qui saute dans les joncs, une demoiselle jouant dans un rayon de soleil, quelque lézard qui se chauffe au midi, une alouette qui s’élève d’un sillon, un merle qui siffle sous une haie, une abeille qui picore et bourdonne.—Les souvenirs de six mois passés dans une belle campagne.—Çà et là comme une aube de l’adolescence qui va luire, un désir, une larme, quelques mots d’amour, un profil de jeune fille chastement esquissé, une poésie tout enfantine, toute ronde et potelée où les muscles ne se prononcent pas encore.—A mesure que l’on avance, le dessin devient plus ferme, les méplats se font sentir, les os prennent de la saillie, et l’on aboutit à la légende semi-diabolique, semi-fashionable, qui a nom Albertus, et qui donne le titre au volume, comme la pièce la plus importante et la plus actuelle du recueil.
Si ces études franches et consciencieuses peuvent ouvrir la voie à quelques jeunes gens et aider quelques inexpériences, l’auteur ne regrettera pas la peine qu’il a prise.—Si le livre passe inaperçu, il ne la regrettera pas encore; ces vers lui auront usé innocemment quelques heures, et l’art est ce qui console le mieux de vivre.
Octobre 1832.

POÉSIES
1830-1832

Oh! si je puis un jour!
A. Chénier.

8

MÉDITATION

… Ce monde où les meilleures choses
Ont le pire destin.
Malherbe.

Virginité du cœur, hélas! sitôt ravie!
Songes riants, projets de bonheur et d’amour,
Fraîches illusions du matin de la vie,
Pourquoi ne pas durer jusqu’à la fin du jour?

Pourquoi?… Ne voit-on pas qu’à midi la rosée
De ses larmes d’argent n’enrichit plus les fleurs,
Que l’anémone frêle, au vent froid exposée,
Avant le soir n’a plus ses brillantes couleurs?

Ne voit-on pas qu’une onde, à sa source limpide,
En passant par la fange y perd sa pureté;
Que d’un ciel d’abord pur un nuage rapide
Bientôt ternit l’éclat et la sérénité?

Le monde est fait ainsi: loi suprême et funeste!
Comme l’ombre d’un songe au bout de peu d’instants
Ce qui charme s’en va, ce qui fait peine reste:
La rose vit une heure et le cyprès cent ans.

MOYEN AGE

Y ot un grant et vieil chastex
A messire Yvain qui fut tex;
Ot tours, donjons, machecoulis,
Fossés d’iave nette remplis,
Murs de fine pierre de taille,
Couverts d’engins por la bataille.
Ancien fabliau.

Quand je vais poursuivant mes courses poétiques,
Je m’arrête surtout aux vieux châteaux gothiques;
J’aime leurs toits d’ardoise aux reflets bleus et gris,
Aux faîtes couronnés d’arbustes rabougris,
Leurs pignons anguleux, leurs tourelles aiguës,
Dans les réseaux de plomb leurs vitres exiguës,
Légendes des vieux temps où les preux et les saints
Se groupent sous l’ogive en fantasques dessins;
Avec ses minarets moresques, la chapelle
Dont la cloche qui tinte à la prière appelle;
J’aime leurs murs verdis par l’eau du ciel lavés,
Leurs cours où l’herbe croît à travers les pavés,
Au sommet des donjons leurs girouettes frêles
Que la blanche cigogne effleure de ses ailes;
Leurs ponts-levis tremblants, leurs portails blasonnés,
De monstres, de griffons, bizarrement ornés,
Leurs larges escaliers aux marches colossales,
Leurs corridors sans fin et leurs immenses salles,
Où comme une voix faible erre et gémit le vent,
Où, recueilli dans moi, je m’égare, rêvant,
Paré de souvenirs d’amour et de féerie,
Le brillant moyen âge et la chevalerie.

ÉLÉGIE I

Dame, d’amer déesse
Pour votre grace avoir,
Vous offre ma jeunesse.
Mes biens et mon avoir.
A. Chartier.

Nuit et jour, malgré moi, lorsque je suis loin d’elle,
A ma pensée ardente un souvenir fidèle
La ramène;—il me semble ouïr sa douce voix
Comme le chant lointain d’un oiseau; je la vois
Avec son collier d’or, avec sa robe blanche,
Et sa ceinture bleue, et la fraîche pervenche
De son chapeau de paille, et le sourire fin
Qui découvre ses dents de perle,—telle enfin
Que je la vis un soir dans ce bois de vieux ormes
Qui couvrent le chemin de leurs ombres difformes;
Et je l’aime d’amour profond: car ce n’est pas
Une femme au teint pâle, et mesurant ses pas,
Au regard nuagé de langueur, une Anglaise
Morne comme le ciel de Londres, qui se plaise
La tête sur sa main à rêver longuement,
A lire Grandisson et Werther; non vraiment:
Mais une belle enfant inconstante et frivole,
Qui ne rêve jamais; une brune créole
Aux grands sourcils arqués; aux longs yeux de velours
Dont les regards furtifs vous poursuivent toujours;
A la taille élancée, à la gorge divine,
Que sous les plis du lin la volupté devine.

PAYSAGE

….. omnia plenis
Rura natant fossis.
P. Virgilius Maro.

Pas une feuille qui bouge,
Pas un seul oiseau chantant,
Au bord de l’horizon rouge
Un éclair intermittent;

D’un côté rares broussailles,
Sillons à demi noyés,
Pans grisâtres de murailles,
Saules noueux et ployés;

De l’autre, un champ que termine
Un large fossé plein d’eau,
Une vieille qui chemine
Avec un pesant fardeau,

Et puis la route qui plonge
Dans le flanc des coteaux bleus,
Et comme un ruban s’allonge
En minces plis onduleux.

LA JEUNE FILLE

La vierge est un ange d’amour.
A. Guiraud.
Dieu l’a faite une heureuse et belle créature.
Inédit, M*****.

Brune à la taille svelte, aux grands yeux noirs, brillants,
A la lèvre rieuse, aux gestes sémillants;
Blonde aux yeux bleus rêveurs, à la peau rose et blanche,
La jeune fille plaît: ou réservée ou franche,
Mélancolique ou gaie, il n’importe; le don
De charmer est le sien, autant par l’abandon
Que par la retenue; en Occident, Sylphide,
En Orient, Péri, vertueuse, perfide,
Sous l’arcade moresque en face d’un ciel bleu,
Sous l’ogive gothique assise auprès du feu,
Ou qui chante, ou qui file, elle plaît; nos pensées
Et nos heures, pourtant si vite dépensées,
Sont pour elle. Jamais, imprégné de fraîcheur,
Sur nos yeux endormis un rêve de bonheur
Ne passe fugitif, comme l’ombre du cygne
Sur le miroir des lacs, qu’elle n’en soit; d’un signe
Nous appelant vers elle, et murmurant des mots
Magiques, dont un seul enchante tous nos maux.
Éveillés, sa gaîté dissipe nos alarmes,
Et, lorsque la douleur nous arrache des larmes,
Son baiser à l’instant les tarit dans nos yeux.
La jeune fille!—elle est un souvenir des cieux,
Au tissu de la vie une fleur d’or brodée,
Un rayon de soleil qui sourit dans l’ondée!

LE MARAIS
A MON AMI ARMAND E***

Ainsi près d’un marais on contemple voler
Mille oiseaux peinturés.
Amadis Jamyn.
En chasse, et chasse heureuse.
Alfred de Musset.

C’est un marais dont l’eau dormante
Croupit, couverte d’une mante
Par les nénuphars et les joncs:
Chaque bruit sous leurs nappes glauques
Fait au chœur des grenouilles rauques
Exécuter mille plongeons;

La bécassine noire et grise
Y vole quand souffle la bise
De novembre aux matins glacés;
Souvent, du haut des sombres nues
Pluviers, vanneaux, courlis et grues
Y tombent, d’un long vol lassés.

Sous les lentilles d’eau qui rampent,
Les canards sauvages y trempent
Leurs cous de saphir glacés d’or;
La sarcelle à l’aube s’y baigne,
Et, quand le crépuscule règne,
S’y pose entre deux joncs, et

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