Le roman de la rose – Tome III

Le roman de la rose – Tome III

Author:
de Meun Jean
Author:
de Meun Jean
Format:
epub
language:
French

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Author: Guillaume, de Lorris, active 1230
Romances
Courtly love — Poetry
Le roman de la rose – Tome III

LE ROMAN DE LA ROSE

PAR

GUILLAUME DE LORRIS

ET

JEAN DE MEUNG

Édition accompagnée d’une traduction en vers
Précédée d’une Introduction, Notices historiques et critiques;
Suivie de Notes et d’un Glossaire
PAR

PIERRE MARTEAU

TOME III

ORLÉANS
1878

Table des matières
[p.2]

LE ROMAN DE LA ROSE

LVI

Comment l’Amant trouva Richesse10399.
Gardant le sentier et l’adresse
Par lequel prennent le chastel
Amans qui assez ont chastel

Jouxte une clere fontenele,
Pensant à la Rose novele,
En ung biau leu trop délitable,
Dame plesant et honorable,
Gente de cors, bele de forme,
Vi ombroier dessous ung orme,
Et son ami de jouxte li:
Ne sai pas le nom de celi[1]
Mès la dame avoit nom Richesce,
Qui moult estoit de grant noblesce.
D’ung senteret gardoit l’entrée,
Mès el n’iert pas dedans entrée.
Dès que les vi, vers eus m’enclin,
Saluai les le chief enclin;
Et il assés tost mon salu
M’ont rendu, mès poi m’a valu.
Ge lor demandai toutevoie
A Trop-Donner la droite voie:
[p.3]

LE ROMAN DE LA ROSE

LVI

Comment l’Amant trouve Richesse10479.
Qui le sentier garde sans cesse
Par lequel prennent le château
Ceux qui l’avoir ont grand et beau.

Pensant à la Rose nouvelle,
Près d’une claire fontenelle,
En un délicieux pourpris,
Dame honorable et belle vis,
Gente de corps, belle de forme
Prendre le frais dessous un orme.
Seyait près d’elle son ami;
Ne sais le nom de celui-ci,
Mais la dame avait nom Richesse
Qui moult était de grand’ noblesse
Et d’un sentier le seuil gardait,
Mais toutefois dedans n’était.
Vers eux céans je m’évertue
Et tête basse les salue.
Ils m’ont assez tôt mon salut
Rendu; c’est tout ce qui m’échut.
Car me répondit la première
Richesse, par parole fière,
[p.4]
Richesce qui parla première,10421.
Me dist par parole moult fiere:

Richesse.

Vez-ci le chemin, ge le gart.

L’Amant.

Ha! dame, que Diex vous regart!
Dont vous pri, mès qu’il ne vous poise,
Que m’otroiés que par ci voise
Au chastel de novel fondé,
Que Jalousie a là fondé.

Richesse.

Vassaus, ce ne sera pas ores,
De riens ne vous congnois encores:
Vous n’estes pas bien arrivés,
Puisque de moi n’estes privés.
Non pas espoir jusqu’à dix ans
Ne serés-vous par moi mis ens;
Nus n’i entre, s’il n’est des miens,
Tant soit de Paris, ne d’Amiens.
Bien i lais mes amis aler
Karoler, dancier et baler:
Si ont ung poi de plesant vie
Dont nus sages hons n’a envie.
Là sunt servi d’envoiseries,
De treches et d’espingueries,
Et de tabors et de vieles,
Et-de rostruenges noveles,
De gieuz de dez, d’eschez, de tables,
Et d’autres gieuz moult delitables,
[p.5]
Quand demandai, d’un ton bénin,10501.
Vers Trop-Donner le droit chemin:

Richesse.

Voici le chemin, je le garde.

L’Amant.

Ah! dame, que Dieu vous regarde!
Je vous en prie, octroyez-moi
D’aller au castel que je voi,
Et que Jalousie a naguère
Hélas! bâti pour ma misère.

Richesse.

Pas encor, vassal, de ce pas;
Non, car je ne vous connais pas.
Mes amis seuls par cette route
Passent, vous vous trompez sans doute.
Nul n’entre là s’il n’est des miens,
Fût-il de Paris ou d’Amiens;
Dix ans au moins faites en sorte
De patienter à la porte.
J’y laisse mes amis aller
Sauter, danser et karoler
Et mener moult joyeuse vie,
Que nul sage, il est vrai, n’envie.
Là ce ne sont qu’amusements,
Danses et divertissements,
Au son des tambours, des vielles
Et des chansons les plus nouvelles;
Ce ne sont que mets savoureux
Et passe-temps voluptueux,
[p.6]
De savoureuses lecheries,10447.
Et d’envoisiées drueries.
Là vont valiez et damoiseles
Conjoint par vielles maquereles,
Cerchant prés et jardins et gaus,
Plus envoisiés que papegaus.
Puis revont entr’eus as estuves,
Et se baignent ensemble ès cuves
Qu’il ont es chambres toutes prestes,
Les chapelés de flors ès testes,
Dedens l’ostel Fole-Largesce
Qui si les aprovoie et blesce,
Que puis puéent envis garir,
Tant lor set chier vendre et merir
Son service et son ostelage,
Qu’ele en prent si cruel paage,
Qu’il lor convient lor terre vendre
Ains que tout le li puissent rendre.
Ges i convoie à moult grant joie,
Mès Povreté les raconvoie
Froide, tremblant, tretoute nuë:
J’ai l’entrée, et ele a l’issuë.
Jà puis d’eus ne m’entremetré,
Tant soient sage ne letré.
Lors s’i puéent aler billier[2],
Qu’il sunt au darrenier millier.
Ge ne di pas se tant faisoient
Que puis vers moi se rapaisoient,
(Mais fort chose à faire seroit)
Toutes les fois qu’il lor plairoit,
Ge ne seroie jà si lasse
Qu’encor ne les i remenasse.
Mès sachiés que plus s’en repentent
En la fin ceus qui plus i hentent,
[p.7]
Jeux d’échecs, de dés et de tables,10527.
Et mille jeux moult délectables.
Là, cherchant prés, bocages frais,
Aussi parés que perroquets,
S’en vont varlets et damoiselles
Conjoints par vieilles maquerelles;
Puis reviennent ensemble au bain
Se mettre en un même bassin,
Chapelets de fleurs sur leurs têtes,
Par belles chambres toujours prêtes,
De Folle-Largesse en l’hôtel
Qui les épuise bien et bel
Tant qu’ils guérissent à grand’ peine.
Car moult cher leur fait l’inhumaine
Payer son hospitalité,
Et telle est sa rapacité,
Qu’elle leur fait leurs terres vendre
Sans qu’ils en puissent rien reprendre.
Je les mène pleins de gaîté,
Mais les ramène Pauvreté
Froide et tremblante et toute nue;
Le seuil je garde, elle l’issue.
Jamais un seul ne défendrai,
Tant soit-il sage ni lettré.
Jusqu’au dernier sou tout y passe;
Tous sont réduits à la besace.
Je ne dis pas que cependant
(Mais ce serait bien fort vraiment),
S’ils me faisaient bonne figure,
Je serais pour eux aussi dure
Et ne les y ramènerais
Souventes fois pour rien après;
Mais sachez que plus ils y hantent,
Et plus en la fin s’en repentent,
[p.8]
N’il ne m’osent véoir de honte,10481.
Par poi que chascun ne s’afronte,
Tant se courroucent, tant s’engoissent:
Si les lais por ce qu’il me lessent.
Si vous promet bien, sans mentir,
Qu’à tart venrez au repentir,
Se vous jà les piés i metés:
Nus ours, quant il est bien betés,
N’est si chetis, ne si alés,
Cum vous serés s’ous i alés.
Se Povreté vous puet baillier,
El vous fera tant baaillier
Sor ung poi de chaume ou de fain,
Qu’el vous fera morir de fain[3],
Qui jadis fu sa chamberiere,
Et l’a servi de tel manière,
Que Povreté par son servise,
Dont Fain iert ardent et esprise,
Li enseigna toute malice,
Et la fist mestresse et norrice
Larrecin le valeton lait:
Ceste l’aleta de son lait,
N’ot autre boulie à li pestre;
Et se savoir volés son estre,
Qui n’est ne souple ne terreus,
Fain demore en un champ’ perreus
Où ne croist blé, buisson ne broce:
Cist champ est en la fin d’Escoce,
Si frois que por noient fust marbres.
Fain, qui ne voit ne blé, ne arbres,
Les erbes en errache pures
As trenchans ongles, as dens dures;
Mès moult les trueve cleres nées
Por les pierres espês semées:
[p.9]
Et de honte n’osent me voir,10561.
Et pour un peu, de désespoir
S’assommeraient, tant ils s’angoissent;
Je les fuis parce qu’ils me laissent.
Aussi je promets, sans mentir,
Qu’à tard viendrez au repentir
Si vous franchissez la barrière;
Car nul ours, sous sa muselière,
N’est si chétif et lâche et lourd
Que vous ne serez au retour.
Et si Pauvreté vous tenaille
Sur son lit de foin ou de paille,
Elle vous fera tant gémir,
Que vous fera de faim mourir[3b],
Faim qui, jadis sa chambrière,
La servit de telle manière,
Que par son ardente âpreté
Elle corrompit Pauvreté,
Lui enseigna toute malice
Et la fit maîtresse et nourrice
De Larcin le valeton laid.
Elle l’allaita de son lait
Sans de bouillie autre le paître,
Et si vous désirez connaître
Cet être et faible et souffreteux:
Faim demeure en un champ pierreux
Où ne croît blé, feuille ni cosse;
Ce champ est au fond de l’Ecosse
Et plus que le marbre gelé.
Faim, qui n’y voit arbre ni blé,
De ses ongles herbes menues
Arrache et de ses dents aiguës.
Mais le gazon est mince et clair
De ces rocs sur l’immense mer,
[p.10]
Et se la voloie descrivre,10515.
Tost en porroie estre delivre.
Longue est, et megre et lasse et vaine,
Grant soffrete a de pain d’avaine;
Les cheveus a tous hériciés.
Les yex crués en parfont gliciés,
Vis pale et balievres sechies,
Joes de rooille entechies;
Par sa pel dure, qui vorroit,
Ses entrailles véoir porroit.
Les os par les illiers li saillent,
Où trestoutes humors defaillent,
N’el n’a, ce semble, point de ventre,
Fors le leu qui si parfont entre,
Que tout le pis à la meschine[4]
Pent à la cloie de l’eschine.
Ses dois li a créus maigresce,
Des genous li pert la rondesce;
Talons a haus, agus parens,
Ne pert qu’el ait point de char ens,
Tant la tient maigresce et compresse;
La plantéureuse Déesse,
Cerès qui fait les blés venir,
Ne set là le chemin tenir;
Ne cil qui ses Dragons avoie,
Tritolemus n’i set la voie[5],
Destinées les en esloingnent,
Qui n’ont cure que s’entrejoingnent.
La Déesce plantéureuse
Et Fain la lasse dolereuse,
Ne puéent onques estre ensemble
Par Povreté qui les dessemble;
Mès assés tost vous i menra
Povreté quant el vous tenra,
[p.11]
Et si je la voulais décrire,10595.
Quelques mots me pourraient suffire:
Son corps long, sec, voûté, malsain,
A grand besoin d’un peu de pain;
Face pâle et lèvre séchée,
Sa joue est de rouille tachée
Et ses cheveux tout hérissés,
Et ses yeux noirs tout renfoncés;
L’Œil pourrait, perçant sa peau dure,
De ses entrailles voir l’ordure;
Les os lui sortent par le flanc
Tout vides de moelle et de sang;
Ce semble, elle n’a point de ventre,
Si ce n’est la place qui rentre,
Et son double pis ballottant
Au revers de l’échine pend;
Par la maigreur ses mains grandissent
Et ses genoux pointus saillissent;
Ses talons hauts, étroits, aigus,
Semblent de chair tout dépourvus,
Tant chagrin, tant maigreur l’oppresse.
Non, la plantureuse déesse
Cérès, qui fait les blés venir,
Par là ne peut chemin tenir;
Conduisant ses dragons, lui-même
Jamais n’y viendra Triptolême [5b],
Car les destins ne veulent pas
Qu’ensemble ils se joignent là-bas.
Onc la déesse plantureuse
Et Faim la pauvre malheureuse
Ne s’allieront en vérité,
Trop les divise Pauvreté.
Mais Pauvreté bien assez vite
Jusque-là vous fera conduite,
[p.12]
Se cele part aler volés10549.
Por estre oiseus si cum solés;
Car à Povreté toutevoie
Torne-l’en bien par autre voie
Que par cele que je ci garde:
Car par vie oiseuse et fetarde
Puet-l’en à Povreté venir.
Et s’il vous plesoit à tenir
Cele voie que j’ai ci dite,
Vers Povreté lasse et despite,
Por le fort chastel assaillir,
Bien porrés au prendre faillir.
Mès de fain cuit-ge être certaine
Que vous iert voisine prochaine;
Car Povreté set le chemin
Miex par cuer que par parchemin.
Si sachiés que Fain la chétive,
Est encores si ententive
Envers sa Dame et si cortoise,
Si ne l’aime-ele ne ne proise,
S’est-ele par li soustenuë,
Combien qu’ele soit lasse et nuë,
Qu’el la vient toute jor véoir,
Et se vet avec li seoir,
Et la tient au bec, et la baise
Par desconfort et par mésaise:
Puis prent Larrecin par l’oreille
Quant le voit dormir, si l’esveille,
Et par destresce à li s’encline;
Si le conseille et endoctrine
Comment il les doit procurer
Combien qu’il lor doie durer.
Et Cuer-Failli à li s’accorde
Qui songe toute jor la corde
[p.13]
Lorsque vous tiendra dans ses rets,10629.
Si par hasard vous désirez
Par là traîner votre paresse
Comme soulez sans nulle cesse.
Bien rencontre-t-on Pauvreté,
Au surplus, d’un autre côté
Que par ce sentier que je garde;
Car par vie oiseuse et couarde
On peut à Pauvreté venir,
Et s’il vous plaisait à tenir
Cette route que j’ai ci dite,
Vers Pauvreté lâche et maudite,
Pour le château-fort assaillir,
Vous pourrez aisément faillir.
Mais Faim sera, j’en suis certaine,
Votre voisine fort prochaine,
Car Pauvreté sait le chemin
Mieux par cœur que par parchemin.
Or sachez que Faim la chétive
Est encore si attentive
Envers sa dame, par semblant
(Car point ne l’aime, et cependant
Faim n’est que d’elle soutenue,
Combien que soit piteuse et nue),
Qu’elle la vient toujours revoir
Et se vient avec elle asseoir,
Et la tient au bec et la baise
A grand déconfort et mésaise,
Puis par l’oreille Larcin prend,
L’éveille quand le voit dormant,
De détresse vers lui s’incline,
Et le conseille et l’endoctrine
Comment il leur doit procurer
De quoi leur misère endurer.
[p.14]
Qui li fait hericier et tendre10583.
Tout le poil, qu’el ne voie pendre
Larrecin son filz le tremblant,
Se l’en le puet trover emblant.
Mès jà par ci n’i enterrés,
Aillors vostre chemin querrés.
Car si le chemin volés sivre,
De tout bien vous verrés délivre,
Que ne m’avés pas tant servie
Que m’amor aiés deservie.

L’Amant à Richesse.

Dame, par Diex, se ge péusse,
Volentiers vostre grâce eusse,
Dès-lors que où sentier entrasse,
Bel-Acueil de prison getasse,
Qui léens est emprisonnés:
Ce don, s’il vous plest, me donnés.

Richesse.

Bien vous ai, dist-ele, entendu;
Et sai que n’avés pas vendu
Tout vostre bois gros et menu;
Ung fol en avés retenu,
Et sans fol ne puet nus hons vivre,
Tant cum il voille Amor ensivre[6].
Si cuident-il estre moult sage
Tant cum il vivent en tel rage:
Qu’en ne doit pas apeler vie
Tel rage ne tel desverie;
[p.15]
Et Cœur-Failli à Faim s’accorde,10663.
Qui songe toujours à la corde
Et craint que Larcin le tremblant,
Son fils, ne soit surpris volant,
Et céans ne soit mené pendre;
Lors sent son poil dresser et tendre.
Mais par ici point n’entrerez;
Ailleurs votre chemin cherchez,
Car si ce chemin voulez suivre,
A votre avoir il faut survivre.
Vous pouvez donc d’ici partir,
Car aussi bien, pour conquérir
Mon amour et ma courtoisie,
Vous ne m’avez assez servie.

L’Amant à Richesse.

Dame, par Dieu, si je pouvais,
Votre amour volontiers aurais;
Aussi je vous demande en grâce
Que par votre sentier je passe
Pour Bel-Accueil de sa prison
Tirer, octroyez-moi ce don.

Richesse.

J’entends bien, dit-elle, et n’ignore
Que vendu n’avez pas encore
Tout votre bois gros et menu.
Un brin en avez retenu,
Car toujours un brin de folie
Conserve celui qu’Amour lie[6b],
Et tant qu’il vit en tel tourment
Il se croit sage assurément.
[p.16]
Bien le vous sot Raison noter,10609.
Mès ne vous pot desasoter.
Sachiés quant vous ne la créutes,
Moult cruelment vous décéutes.
Voire ains que Raison i venist,
N’estoit-il riens qui vous tenist;
N’onques puis riens ne me prisastes
Dès-lors que par amors amastes;
Qu’amans ne me vuelent prisier,
Ains s’efforcent d’amenuisier
Mes biens, quant ge les lor départ,
Et les regietent d’autre part.
Où déable porroit-l’en prendre
Ce qu’uns Amans vodroit despendre?
Fuiés de ci, lessiés m’ester.

L’Amant.

Ge qui n’i poi riens conquester,
Dolens m’en parti sans demore.
La bele o son ami demore,
Qui bien iert vestu et parés.
Pensis m’en voir tous esgarés
Par le jardin delicieus
Qui tant ert bel et précieus,
Cum vous avés devant oï;
Mès de ce moult poi m’esjoï
Qu’aillors ai mis tout mon pensé.
En tous tens, en tous leus pensé
En quel manière sans faintise
Ge feroie miex mon servise:
Que moult volentiers le féisse,
Si que de riens n’i mespréisse;
[p.17]
Mais on ne peut appeler vie10691.
Telle rage et telle furie;
Bien vous le sut Raison noter
Sans pouvoir vous désassoter.
Sachez que quand vous ne la crûtes
Moult cruellement vous déçûtes.
Voire avant que Raison y vînt
N’était-il rien qui vous retînt,
Et rien depuis ne me prisâtes
Dès lors que par Amour aimâtes;
Amants ne me veulent chérir,
Mais ils s’efforcent d’amoindrir
Mes biens, dès que je leur dispense,
Et les gaspillent sans prudence.
Où diable pourrait-on puiser
Ce qu’un amant peut dépenser?
Or partez, laissez-moi tranquille.

L’Amant.

Voyant tout effort inutile,
Triste aussitôt je suis parti.
Je la laisse avec son ami
A la belle et riche vêture.
Pensif je vais à l’aventure
Par le jardin délicieux
Qui tant est bel et précieux,
Comme vous l’ai dépeint naguère;
Mais je ne m’en éjouis guère.
Ailleurs mes pensers vont errants;
Je pense en tous lieux, en tous temps,
Comment je puis mon devoir faire
Le mieux, d’une honnête manière.
Moult volontiers je le ferai

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