Le Roman Comique du Chat Noir

Le Roman Comique du Chat Noir

Author:
Gabriel Montoya
Author:
Gabriel Montoya
Format:
epub
language:
French

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Author: Montoya, Gabriel, 1868-1914
Chat noir (Cabaret : Paris
France)
Salis
Rodolphe
1851-1897
Le Roman Comique du Chat Noir
Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L’orthographe d’origine a été conservée et n’a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n’ont pas été repris.

I

LE ROMAN COMIQUE
DU
CHAT NOIR

II
OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Sur le Boul’mich. (Plaquette épuisée).
Chansons naïves et perverses. Chez Ollendorf. (Nouvelle édition revue et augmentée) 3 fr. 50

POUR PARAITRE

Les Chansons Grises. Poèmes et Chansons.
On en peut mourir. Roman.
Les Fièvres Galantes. Vers.
Les Armes de la Femme. Poèmes avec musique de E. Missa. Chez Costallat, 15, Chaussée d’Antin.
Suzon. Comédie lyrique. (Représentée au Théâtre des Arts de Rouen.)

SAINT AMAND, CHER.—IMPRIMERIE BUSSIÈRE FRÈRES
III IV

V

GABRIEL MONTOYA


LE
ROMAN COMIQUE
du
Chat Noir
Avec une couverture illustrée
ET
Un portrait-charge de l’auteur
PAR
LÉANDRE


PARIS
ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR
26, rue Racine, 26

VI VII

A
MADAME RODOLPHE SALIS
En hommage respectueux, ce livre est dédié.
G. M.

VIII

PRÉFACE

Au cours des quatre ou cinq dernières représentations que le Chat Noir, ayant à sa tête le très verveux mais déjà très fatigué Rodolphe Salis, donna pour ses adieux à Montmartre, j’eus le plaisir de rencontrer mon cher confrère Edouard Conte, l’auteur apprécié des Mal Vus.—Après m’avoir dit quel vide allait creuser la disparition du moyen-ageux hostel de la rue Victor Massé, il m’entretint de la tournée annoncée par la presse entière et qui, déjà préparée pour une durée de trois mois dans le midi de la France, dans le Sud-Ouest et la Bretagne, devait être continuée à l’étranger, notamment en Autriche et en Russie. «Si les nécessités de la copie ne me tenaient pas à Paris comme un forçat à sa chaîne, me dit-il, je voudrais vous accompagner et j’ai la certitude que je ne perdrais pas mon temps. La tournée que vous allez entreprendre n’est pas comme celles que tous les jours des industriels du théâtre organisent en province avec deux ou trois bons mélodrames de l’Ambigu coupés dans le goût du public et susceptibles, de par leur structure incolore, d’être acclamés à Pezenas comme dans le quartier du Temple.
«Ce que vous apporterez aux spectateurs dont je ne mets pas en doute l’empressement à vous venir entendre, c’est l’expression évoluée d’un état d’esprit qui serait presque, si j’ose dire, anti-théâtral. Les pièces d’ombres qui constituent votre principal répertoire et qui soulevèrent par le talent qu’on y déploya un enthousiasme encore vivant, sont comme un défi jeté au théâtre à personnages. Il sera intéressant de voir comment les divers publics auxquels vous les allez soumettre apprécieront l’effort et jugeront le résultat.
«Pour vos chansons, le doute est plus permis encore: Vous y désertez, du moins dans les meilleures, les seules qui valent qu’on en parle, le style ordurier et commun du beuglant; leur succès que je souhaite de tout cœur équivaut à la banqueroute du Café-Concert et je m’en réjouis d’avance.
«Or, je n’ai rien dit encore des menus incidents qui ne sauront manquer de surgir au cours de votre artistique balade. La présence de Salis, cet enfant terrible, ce rapin verveux qui a recueilli l’héritage de blague et de fantaisie laissé par Sapek, m’est un sûr garant qu’il y aura pour vos rates de chansonniers impénitents des heures de gaîté folle et d’ahurissants propos. Ne croyez-vous pas en toute sincérité qu’un fantaisiste pourrait prendre en même temps qu’un vif plaisir, quelque intérêt à noter au jour le jour, simplement et sans emphase, les péripéties du voyage et les bons mots entendus ou commis.
«—Certainement je le crois, mon cher Conte, et soyez assuré que votre idée sera mise à profit. J’ai d’ailleurs, en un coin éloigné de province, une cousine qui fut mon amie d’enfance et qui m’avait, au cours d’une précédente tournée, demandé comme faveur spéciale un récit détaillé de nos faits et gestes. En paresseux que j’ai toujours été, je me suis dérobé jusqu’ici à l’accomplissement de ce devoir épistolaire. Je vais tenter cette fois de détrôner de mon cœur la chimère oisiveté, et, dame, s’il me semble après un temps qu’un intérêt quelconque puisse résider en ces notes éparses, j’en serai quitte pour prier ma dévouée cousine de me restituer mes proses.
«—Et vous serez tout heureux de leur trouver en les lisant un air de nouveauté qui vous surprendra vous-même.
«—Et d’avoir fait un volume.
«—Vous l’avez dit.»
Voilà comment se trouva projeté le volume qu’on va lire. La mort prématurée de Rodolphe Salis, en interrompant le voyage à travers la France de la Compagnie du Chat Noir me fournit une conclusion à laquelle j’étais loin de m’attendre lorsque j’écrivais mes premiers feuillets.
Peut-être même sans cet événement ne me fussè-je pas décidé à publier ces notes glanées au jour le jour avec un soin très relatif et un insouci parfait des livresques traditions. Le hasard et l’actualité toute puissante donnent à ces feuilles éparses l’intérêt d’un document. Je n’ai donc pas le droit de dérober au public ce Livre d’Or du Chat Noir pendant les trois derniers mois de la vie de son fondateur, et je le dédie en hommage respectueux à Mme Rodolphe Salis.
Gabriel Montoya.
6

LE
ROMAN COMIQUE DU CHAT NOIR

Paris, le 5 janvier 1897.

C’est décidé, cousine, nous partons dans huit jours pour la tournée dont le projet si longtemps caressé va voir enfin sa réalisation. C’est la première fois que le Chat Noir quitte Montmartre en pleine saison d’hiver. Tous les cabarets de la butte vont se réjouir et nous sommes loin de pleurer; car si, dans notre itinéraire, figurent quelques étapes où ni le froid ni les rafales de neige et de vent ne nous seront épargnés, du moins apercevons-nous de loin par le petit bout de la lorgnette l’oasis exquise, le paradis vers lequel s’acheminent par ces temps rigoureux tous les gros bonnets de la capitale; j’ai désigné le petit coin de terre qui a nom Monaco.
Salis, il en faut tout au moins convenir, a fait royalement les choses avant de quitter son local de la rue Victor-Massé. Quinze jours à peine avant son départ, il a organisé dans son théâtre, avec quels frais, lui seul le sait, un spectacle d’ombres absolument renouvelé. Une fois de plus, Henri Rivière, l’admirable évocateur, a pu donner libre carrière à son prestigieux talent de coloriste visionnaire, et c’est pour dix représentations tout au plus, avec la certitude absolue de ne jamais couvrir les sommes dépensées, que les «Clairs de Lune» ont vu le jour.
Sans vouloir infirmer en aucune façon le talent de Georges Fragerolles, à la fois poète et compositeur de l’œuvre que je viens de vous citer, il est bien évident que les Clairs de Lune sont uniquement un prétexte à belle peinture, à tableaux invraisemblables à force de vérité. Le titre de pièce d’ombres, qui, jusqu’à présent, se pouvait appliquer à presque toutes les manifestations de l’art théâtral chatnoiresque, demeure insuffisant pour cette création dernière, comme d’ailleurs pour Héro et Léandre pour Ailleurs et pour Sainte-Geneviève. Par un labeur obstiné de dix ans, Rivière est parvenu, en perfectionnant ses moyens, à inaugurer une note d’art qui demeure son exclusive et inaliénable propriété. Chacun des effets si curieux dont l’œil s’émerveille et qui, dans Clairs de Lune, se suivent d’un tableau à l’autre, sans solution de continuité, repose sur une découverte de l’auteur et je ne crois pas que Rivière ait à redouter sur ce terrain la concurrence ou l’imitation.
Aussi n’est-ce pas sans quelques regrets que nous songeons, et quand je dis nous, j’entends tous ceux que séduisit cet art si pittoresque, à la disparition prochaine de cet exigu sanctuaire d’Art, le Chat Noir actuel. Je sais bien que les raisons auxquelles Salis se voit forcé de céder sont d’ordre purement matériel, que sa fin de bail en avril prochain lui conseille de s’y prendre avec quelque avance pour déménager et que son intention est de reconstituer un nouveau théâtre dès son retour des voyages européens. Mais qui peut se porter garant de l’avenir.
Donc nous partons, cousine, et tout d’abord pour une durée de deux mois. Des négociations sont entamées pour les mois qui suivront et de sérieux pourparlers engagés avec des impresarii pour l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche. Salis, qui ne doute de rien, ne désespère pas de pouvoir pousser à Berlin, peut-être même en le propre palais du Kaiser son cri célèbre de: Vive l’empereur! et pour ce barnum extraordinaire cet exploit se chiffre par tout un pactole croulant dans sa caisse au retour en France, comme pour le remercier de sa patriotique bravade.
Malheureusement, la volonté seule chez lui demeure inébranlable et vivace. Le corps est quelque peu ruiné et je me demande si les fatigues qui ne sauraient manquer de suivre toutes ces pérégrinations permettront à notre directeur de les prolonger au gré de son rêve et de ses désirs audacieux.
Si nous exceptons la Principauté de Monaco, la ville de Nice et un nombre très restreint de cités sans importance figurant sur notre parcours, le Chat Noir s’est fait entendre au moins une fois dans tous les centres notables qu’il va parcourir à nouveau. Mais ce n’est pas une raison, bien au contraire, pour négliger d’y répandre à l’avance le bruit de notre venue par mille échos alléchants et d’une tenue tout au moins un peu fantaisiste. Aussi le bon vouloir de tous les humoristes qui fréquentent la rue Victor-Massé se trouve déjà mis à l’épreuve, et tant en vers qu’en prose, chacun contribue à la rédaction de notes et notules, que nous ferons parvenir tout imprimés aux importantes feuilles de province.
Puisque je vous ai promis, cousine, de vous tenir au courant de nos faits et gestes durant les tournées qui vont suivre, laissez-moi vous adresser tout d’abord une de ces notes qui ressemble furieusement à un boniment de Salis hâtivement rimé. Malgré le macaronisme voulu de sa rédaction elle ne laisse pas que d’être amusante et je crois qu’on y découvrirait, en l’examinant d’un peu près, la griffe sympathique de ce délicieux caricaturiste poète, Jules Depaquit, lequel n’est pas tout à fait étranger au succès du journal Le Rire!
LE CHAT NOIR VIENT

Province, de Paris noble et vaste banlieue,
Ils ont fait pour te voir et kilomètre et lieue
Dans les sombres wagons des durs chemins de fer.
Récompense-les en, parce qu’ils ont souffert
Des cahots incessants de la locomotive
Que toujours, d’un bras fort, le fier chauffeur active.
Voici les chansonniers, les Ombres, le Chat Noir
Honoré des Princes et des Dieux. Que ce soir

Le travailleur lassé des labeurs infertiles,
Et l’oisif délaissant ses passe temps futiles
Viennent se retremper aux rythmes des chansons
Que versent, de Salis, les nombreux échansons.
Voici venir Salis et sa noble cohorte.
La joyeuse chanson n’est pas encore morte.
Peuple, sache cela, car sous tes yeux charmés,
Les âges révolus, les siècles périmés,
Le Sphinx mystérieux, seul dans la nuit sans voile,
Les Rois mages suivant la symbolique étoile,
Antoine et Cléopâtre et tous les grands amants
Qui, depuis le Déluge, échangent des serments,
Et d’autres Œuvres dont légion est le nombre
Et que Rivière qui tira l’Ombre de l’ombre
Peignit et dessina si magistralement,
La Mer, les Bois, les Caps, les Monts, le Firmament,
Vont bientôt, évoqués par Georges Fragerolle
Sur un air d’élégie ou bien de barcarolle,
Défiler lentement et solennellement.
Et puis c’est Montoya, le Poète charmant
Qui va te moduler sur un air bel et tendre
Que jamais on ne peut se fatiguer d’entendre
La volupté de vivre et le miel du baiser
Et tant d’autres, experts en l’art de nous griser,
Gondoin tombant Félisque avec son Protocole,
Ce Félix qu’on devrait renvoyer à l’école
Apprendre le respect des Muses et de l’Art,
Si véritablement il n’était un peu tard,
Oble dont la voix est plus tendre que la brise
Et qu’un public d’élite à juste titre prise.

Expert en l’art subtil d’émouvoir, de charmer,
De rendre court le temps qui vient nous consumer,
Milot qui nous célèbre en un rythme sonore
Les vertus des aïeux dont la France s’honore,
Nobles vertus d’Hier dont demain est sevré
Et dont Aujourd’hui n’est qu’un souvenir. C’est vrai!
Clément Georges, Bonnaud, tour à tour ironiques,
Abondants, gracieux, langoureux, sataniques,
Des genres les plus fous des tons les plus divers,
Mais tous égaux en grâce en le bel Art des Vers.
La joyeuse chanson n’est pas encore morte.
Voici venir Salis et sa noble cohorte!

Pour faire suite à cette annonce pleine d’alléchantes promesses, un programme a été rédigé, lequel renferme, après une parade de quelques lignes, l’énumération complète de tout le répertoire d’ombres, imposant par le nombre autant que par la qualité, dont nous réservons aux provinces l’extraordinaire déballage. Voici d’abord les pièces de moindre importance dont le commentaire est confié à l’heureuse initiative et à l’inépuisable faconde de Rodolphe Salis lui-même: Le Déluge, pièce antidiluvienne de M. le Préfet; L’Age d’or, poème en un acte de A. Willette; Pierrot peintre, pantomime en 7 tableaux de Louis Morin; La divine, Aventure de Cléo de Mérode, poème belge de Steinlen et Fernand Fau; Plaisirs d’amour, étude cruelle de G. Delaw; La nuit des Temps, drame historique en 25 tableaux de Robida, enfin L’Epopée de Napoléon, grande pièce militaire en 2 actes et 40 tableaux par Caran d’Ache; il me semble que voilà une assez aimable collection. Eh! bien, j’ai gardé pour la bonne bouche les pièces dont le poème et la musique écrits par des auteurs renommés seront religieusement interprétés et fidèlement déclamés chaque soir au cours de nos pérégrinations, à savoir: Le Sphinx, poème et musique de Georges Fragerolle, dessins de Vignola; Les Clairs de Lune, poème et musique du même, dessins de H. Rivière; Le Rêve de Joël, poème et musique de Fragerolle, dessins de Métivet; La marche à l’Étoile, poème et musique de G. Fragerolle, dessins de H. Rivière; L’Honnête Gendarme, farce de Jean Richepin, dessins de L. Morin; l’Enfant prodigue, parabole en 18 tableaux de G. Fragerolle, dessins de Rivière; et Phryné et Ailleurs, deux chefs-d’œuvre de l’exquis poète Donnay, mis en ombres par H. Rivière. Bien entendu, notre spectacle de chaque soir ne comportera en outre des intermèdes abondants et variés que quatre ou cinq pièces choisies parmi le richissime répertoire que je vous viens d’énumérer.
Au verso du programme sur lequel s’étalent pompeusement ces merveilles, Salis s’est plu à rédiger, avec l’aide de quelques amis au nombre desquels je soupçonne vaguement Alphonse Allais, Gondezki, Edmond Deschaumes, et Dominique Bonnaud, des biographies fantaisistes de ses camarades de tournée.
Vous les trouverez ci-jointes et vous verrez de quelle folie verveuse elles sont empreintes; je ne crois pas que le genre de littérature qui fleurit depuis quelque temps et qu’on dénomme familièrement le genre loufoque ait jamais atteint des sommets aussi paroxystiques; mais je vous laisse juge.

D. BONNAUD

«Parisien, journaliste, boulevardier, spirite et officier de réserve. Collabore à presque tous les grands journaux de la Capitale. Devenu chansonnier, par la grâce de N.-S. Rodolphe Salis, gonfalonier de la Butte. Ce fut au cours d’une chasse à l’éléphant, aux environs d’Amsterdam que, sur le point d’être écrasé par un de ces redoutables pachydermes, il fit vœu, s’il en échappait, d’obéir à toutes les injonctions de son sauveur. Là-dessus, Rodolphe Salis ayant foudroyé l’éléphant furieux en lui récitant à bout portant seize vers coniques et explosifs de François Coppée, le seigneur de Chatnoirville intima à «son» sauvé l’ordre de faire des chansons, ordre qui fut exécuté.
Adoré du public parisien, Bonnaud a les fréquentations les plus éclectiques: déjeune chez le Père Didon, chez le duc de Luynes ou chez l’anarchiste Zo d’Axa, indifféremment, et dîne au hasard chez M. Méline, chez Yvette Guilbert ou chez le prince Roland Bonaparte, qu’il accompagna dans un voyage économique. Converti au bouddhisme par M. Guimet, s’est fait l’interprète des malheurs de l’Arménie, dans la pièce de vers célèbre: On vient d’empaler ma Sœur.—A publié un Traité des couleurs complémentaires, aujourd’hui en usage à l’Institution des jeunes aveugles, et ses considérations sur l’État d’âme des culs-de-jatte décorés du mérite agricole, qui resteront; a fondé la Banque des Prêts hypothécaires sur parole d’honneur, qui prospère de jour en jour.—Epoux morganatique d’une des filles du roi de Siam, lequel n’a d’ailleurs, en fait de progéniture, que des garçons.»

Jules MOY
Membre de plusieurs sociétés savantes et secrètes.

«A remué ciel et terre pour obtenir la croix de la Légion d’honneur, sous le prétexte fallacieux qu’un de ses oncles incarnés d’Amérique, avait donné des leçons de solfège dans un établissement de bains sulfureux. Mais il échoua piteusement, malgré son accent anglais, grâce aux intrigues du sire de Montjarret, le célèbre inventeur du vaccin électoral.
Jules Moy, résigné, demanda alors les palmes académiques, mais il ne réussit qu’à obtenir une médaille de sauvetage, en acceptant une place de nègre sous le tunnel de Batignolles-Clichy-Odéon. Après avoir fabriqué des eaux minérales naturelles, il épousa morganatiquement la concierge de la maréchale Booth, qui, de retour des Indes portugaises, avait prêché la religion salutiste dans le désert du Sahara, sur un automobile alimenté par trois veilleuses baignant dans l’huile de ricin rectifiée. Jules Moy divorça pour aller dans l’archipel des Poulocondores diriger un orphéon de poules mélomanes. Il fut ensuite successivement chef des chœurs dans une institution de sourds-muets, professeur de monocycle au lycée des culs-de-jatte de l’île de la Grande-Jatte, et répétiteur d’anglais dans le club espagnol des jeunes japonaises séduites pour l’amélioration des laitages internationaux.»

G. OBLE

«Compositeur français, né à Poitiers. A l’âge de dix ans s’embarque comme mousse, débarque à Taïti, devient rapidement le préféré de la reine, charmée par son adorable voix; installe, grâce à un crédit illimité fourni par la cassette de Sa Majesté, un Conservatoire noir, y fait représenter les œuvres françaises. Empoisonné par un rival, les médecins européens l’envoient en Russie, il devient chef des chœurs des chevaliers-gardes. Epouse une parente du grand Khan de Badjaerah, organise des concerts à Tiflis, part pour Chandernagor, chasse le tigre pour se distraire, en tue 1,800 dans six mois. Est nommé baronnet honoraire. Revient en Europe, devient professeur de castagnettes du prince de Galles. Pris de nostalgie, débarque à Montmartre, au Chat Noir. Auteur des Museaux roses, du Cantique bleu, des Bas violets, du Corset lilas, de Tes vrais Yeux, Tes vrais Pieds, Ton vrai Billet de Chemin de Fer, Bon Dodo, etc.»

MULDER

«Ancien officier de subsistances au Maroc,

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