La vie simple

La vie simple

Author:
Charles Wagner
Author:
Charles Wagner
Format:
epub
language:
French

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Author: Wagner, Charles, 1852-1918
Conduct of life
Simplicity
La vie simple

La
Vie Simple

PAR
C. WAGNER
Auteur de «Jeunesse»
DOUZIÈME ÉDITION

PARIS
Librairie Armand Colin

5, rue de Mézières, 5
1908
Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays.
OUVRAGES DE C. WAGNER

Auprès du Foyer (6e édition). Un volume in-18 jésus, broché (Librairie Armand Colin) 3 50
Justice. Huit discours (7e édition). Un volume in-12, broché (Fischbacher) 3 50
Jeunesse. Ouvrage couronné par l’Académie française (2e édition). Un volume in-12, broché (Fischbacher) 3 50
Vaillance. Ouvrage honoré d’une souscription du Ministère de l’Instruction publique (18e édition). Un volume in-12, broché (Fischbacher) 3 50
Le long du chemin (4e édition). Un volume in-12, broché (Fischbacher) 2 »
L’Évangile et la vie. Discours (4e édition). Un volume in-12, broché (Fischbacher) 3 50
Sois un homme! Simples causeries sur la conduite de la vie (2e édition). Un volume in-12, br. (Fischbacher). 1 25
Relié 2 »
L’Ame des choses (2e édition). Un volume in-12, broché (Fischbacher) 3 50
L’Ami. Dialogues intérieurs (3e édition). Un volume in-12 (Fischbacher) 3 50
Histoires et Farciboles, pour les enfants. Un volume in-8 illustré par René Henriquez (Fischbacher).  
Libre Pensée et Protestantisme libéral. 4 lettres de Ferdinand Brisson avec réponses de C. Wagner. Un volume in-12.

145–08.—Coulommiers. Imp. Paul BRODARD.—P2–08.
À
LA MÉMOIRE DE MA MÈRE

PRÉFACE DE LA NEUVIÈME ÉDITION

Aujourd’hui que La Vie simple a été tellement réimprimée que les vieux clichés sont usés et qu’il faut recomposer le texte à nouveau, il ne sera sans doute pas dépourvu d’intérêt de noter ici quelques faits concernant l’origine et la destinée de ce livre.
Le lendemain d’une allocution de mariage entendue par M. Armand Colin et traitant le sujet de la Vie simple en son application au foyer domestique, l’éditeur parisien m’écrivit:
«Faites-nous donc un livre sur la «Vie simple». Rien ne serait plus actuel ni plus nécessaire.»
Six mois plus tard le livre paraissait.
Il eut une bonne presse et un meilleur public. Les lecteurs lui firent de l’un à l’autre cette familière et solide réclame par laquelle on se recommande mutuellement ses livres comme on se présente ses amis. Il fut vite connu, et sans faire le moindre bruit se répandit et se traduisit à travers l’Europe.
En 1901, miss Marie-Louise Hendee le traduisit en élégant anglais pour la maison Mc Clure de New-York. Un romancier américain de marque, miss Grace King, le faisait précéder d’une notice écrite avec beaucoup de soin et de grâce.
Déjà le livre commençait à marcher d’un bon train aux États-Unis, lorsque le Président Roosevelt le lut et en fut particulièrement frappé. Il écrivit à l’auteur: «Je prêche vos livres à mes compatriotes.» Il recommanda aux Américains la lecture de La Vie simple dans deux discours publics retentissants, l’un à Bangor, l’autre à Philadelphie. Il invita enfin l’auteur à venir en Amérique et le 22 novembre 1904, au grand théâtre de Lafayette-Square à Washington, le présenta lui-même au public en ouvrant son discours par ces mots: «Ceci est la première fois et sera en même temps la seule et unique, que durant ma Présidence je présente un orateur à un auditoire. Et je suis plus qu’heureux de le faire en cette occasion, car, s’il y a un livre que je désire voir lire comme un tract, et un tract intéressant, par notre peuple entier, c’est La Vie simple, écrite par M. Wagner. Il y a d’autres de ses livres dont nous pouvons tirer grand bien. Mais il n’est, à ma connaissance, aucun ouvrage écrit ces dernières années, ici ou à l’étranger, qui contienne autant de choses que nous autres enfants d’Amérique nous devions prendre à cœur, que La Vie simple.
Dans un récent et beau voyage aux États-Unis, j’ai pu me convaincre à quel point l’Amérique avait suivi le conseil de son Président.
Les familles, les universités, les hommes d’affaires, un large public recruté dans les milieux les plus divers, s’est mis à lire le livre. Les journaux l’ont publié en feuilleton, les prédicateurs en ont tiré des séries de discours, les dessinateurs des caricatures. En dernier lieu les éditions populaires se criaient dans les rues par les camelots.
Tout cela est une preuve que ce livre est venu en son temps et répond à un besoin profond de simplification au milieu de cette époque agitée et complexe.
Par un effet très naturel, le succès extraordinaire des traductions rejaillit aujourd’hui sur l’édition française et lui imprime une énergie nouvelle.
Puissent ces pages, en se répandant, ramener l’attention de beaucoup de nos contemporains sur le premier de tous les sujets: l’emploi et l’organisation de la vie.
Et puissions-nous en méditant sur ce problème des problèmes arriver à comprendre que le bonheur, la force et la beauté de l’existence ont pour une grande part leur source dans l’esprit de Simplicité.
Charles Wagner.
Paris, février 1905.

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Le malade miné par la fièvre, dévoré par la soif, rêve pendant son sommeil d’un frais ruisseau où il se baigne, ou d’une claire fontaine où il boit à grandes gorgées. Ainsi dans l’agitation compliquée de l’existence moderne, nos âmes exténuées rêvent de simplicité.
Ce qu’on appelle de ce beau nom, serait-il un bien à jamais disparu? Je ne le pense pas. Si la simplicité se trouvait liée à quelques circonstances exceptionnelles que de rares époques ont seules connues, il faudrait renoncer à la réaliser encore. On ne ramène pas les civilisations vers leurs origines, pas plus qu’on ne ramène les fleuves aux flots troublés vers le vallon tranquille où les branches des aulnes se rejoignaient sur leur source.
Mais la simplicité ne dépend pas de telles ou telles conditions économiques ou sociales en particulier; c’est plutôt un esprit qui peut animer et modifier des vies de genres très différents. Loin d’en être réduits à la poursuivre de nos regrets impuissants, nous pouvons, je l’affirme, en faire l’objet de nos résolutions et le but de notre énergie pratique.


Aspirer à la vie simple, c’est proprement aspirer à remplir la plus haute destinée humaine. Tous les mouvements de l’humanité vers plus de justice et plus de lumière, ont été en même temps des mouvements vers une vie plus simple. Et la simplicité antique, dans les arts, les mœurs, les idées, ne garde pour nous son prix incomparable que parce qu’elle est parvenue à donner un relief puissant à quelques sentiments essentiels, à quelques vérités permanentes. Il faut aimer cette simplicité et s’efforcer de la garder pieusement. Mais il n’aurait fait que la centième partie du chemin, celui qui s’en tiendrait aux formes extérieures et qui ne chercherait pas à réaliser l’esprit. En effet s’il nous est impossible d’être simples dans les mêmes formes que nos pères, nous pouvons le rester ou le redevenir dans le même esprit. Nous marchons sur d’autres sentiers, mais le but de l’humanité demeure au fond le même: c’est toujours l’étoile polaire qui dirige le marin qu’il soit embarqué sur un voilier ou sur un bateau à vapeur.
Marcher vers ce but avec les moyens dont nous disposons, voilà la chose la plus importante, aujourd’hui comme jadis. Et c’est pour nous en être souvent écartés que nous avons embrouillé et compliqués notre vie.


Si je pouvais réussir à faire partager cette notion tout intérieure de la simplicité, je n’aurais pas fait un vain effort. Quelques lecteurs penseront qu’une telle notion doit pénétrer les mœurs et l’éducation. Ils commenceront par la cultiver en eux-mêmes et lui feront le sacrifice de quelques-unes de ces habitudes qui nous empêchent d’être des hommes.
Trop d’encombrantes inutilités nous séparent de l’idéal de vérité, de justice et de bonté qui doit réchauffer et vivifier nos cœurs. Toute cette broussaille, sous prétexte de nous abriter, nous et notre bonheur, a fini par nous masquer la lumière. Quand aurons-nous le courage d’opposer aux décevantes tentations d’une vie aussi compliquée qu’inféconde la réponse du sage: «Ôte-toi de mon soleil»?
Paris, mai 1895.

I
La vie compliquée.

Chez les Blanchard tout est sens dessus dessous, et en vérité il y a de quoi! Songez donc que Mlle Yvonne se marie mardi et nous voici au vendredi!
C’est un interminable défilé de visiteurs chargés de cadeaux, de fournisseurs ployant sous les commandes. Les domestiques sont sur les dents. Quant aux parents et aux futurs, ils ne vivent plus, ils n’ont plus de domicile connu. Le jour on est chez les couturières, les modistes, les tapissiers, les ébénistes, les bijoutiers, ou dans l’appartement livré aux peintres et aux menuisiers. De là, course rapide par les études des hommes d’affaires, où l’on attend son tour en regardant les clercs grossoyer à l’ombre des paperasses. Après cela, c’est à peine s’il reste le temps de courir chacun chez soi et de se parer pour la série des dîners de cérémonie: dîners de fiançailles, dîners de présentations, dîner de contrat, soirées et bals. Autour de minuit on rentre harassé, mais c’est pour trouver au logis tous les derniers arrivages et une correspondance effrénée. Félicitations, compliments, acceptations et refus de demoiselles et de garçons d’honneur, excuses de fournisseurs en retard. Et puis les accrocs de la dernière heure: un deuil subit qui désorganise le cortège, un vilain rhume qui empêche une actrice, étoile amie, de chanter à l’orgue, etc. C’est autant à recommencer! Ces pauvres Blanchard! jamais ils ne seront prêts, eux qui croyaient pourtant avoir songé à tout, et tout prévu.
Et voilà leur existence depuis tantôt un long mois. Plus moyen de respirer, de se recueillir une heure, d’échanger une parole tranquille. Non, ce n’est pas une vie, cela…
Heureusement qu’il y a la chambre de grand’mère! Grand’mère touche à ses quatre-vingts. Ayant beaucoup souffert et travaillé, elle en est arrivée à envisager les choses avec cette calme sûreté que rapportent de la vie ceux qui ont l’intelligence élevée et le cœur aimant. Presque toujours assise dans son fauteuil, elle adore le silence des longues heures méditatives. Aussi la tempête affairée qui sévit par la maison s’est-elle arrêtée respectueuse devant sa porte. Au seuil de cet asile les voix s’apaisent, les pas se font discrets. Et quand les jeunes fiancés veulent se mettre un instant à l’abri, ils s’enfuient chez grand’mère.
—Pauvres enfants! leur dit-elle alors, comme vous voilà énervés! Reposez-vous un peu, appartenez-vous l’un à l’autre. C’est le principal. Le reste est peu de chose, il ne mérite pas qu’on s’y absorbe!
Ils le sentent bien, ces jeunes gens. Que de fois, en ces semaines dernières, leur amour n’a-t-il pas dû céder le pas à toutes sortes de conventions, d’exigences, d’inutilités! Ils souffrent de la fatalité, qui à ce moment décisif de leur vie détache sans cesse leurs esprits de la seule chose essentielle, pour les pousser à travers la multitude des préoccupations secondaires. Et volontiers ils approuvent l’opinion de l’aïeule quand elle leur dit entre une caresse et un sourire:
—Décidément, mes enfants, le monde se fait trop compliqué, et tout cela ne rend pas les gens plus heureux… au contraire!…


Je suis de l’avis de bonne maman. Depuis le berceau jusqu’à la tombe, dans ses besoins comme dans ses plaisirs, dans sa conception du monde et de lui-même, l’homme moderne se débat au milieu de complications sans nombre. Plus rien n’est simple: ni penser, ni agir, ni s’amuser, ni même mourir. Nous avons, de nos mains, ajouté à l’existence une foule de difficultés et retranché plusieurs agréments. Je suis persuadé qu’il se trouve à l’heure présente des milliers de mes semblables qui souffrent des suites d’une vie trop factice. Ils nous sauront gré de chercher à donner une expression à leur malaise et de les encourager dans ce regret de la simplicité qui les travaille confusément.
Énumérons d’abord une série de faits qui mettent en relief la vérité que nous désirons faire apercevoir.
La complication de la vie nous apparaît dans la multiplicité de nos besoins matériels. Un des phénomènes universellement constatés du siècle est que nos besoins ont grandi avec nos ressources. Cela n’est pas un mal en soi. La naissance de certains besoins marque en effet un progrès. C’est un signe de supériorité que d’éprouver le besoin de se laver, de porter du linge propre, d’habiter une demeure salubre, de se nourrir avec un certain soin, de cultiver son esprit. Mais s’il est des besoins dont la naissance est désirable et qui ont droit à la vie, il en est d’autres qui exercent une influence funeste et s’entretiennent à nos dépens comme des parasites. C’est le nombre et le caractère impérieux de ceux-ci qui nous préoccupent. Si l’on avait pu prédire à nos anciens qu’un jour l’humanité aurait à sa disposition tous les engins dont elle dispose maintenant pour entretenir et défendre son existence matérielle, ils en auraient conclu d’abord à une augmentation de l’indépendance et par conséquent du bonheur, et en second lieu à un grand apaisement dans les compétitions pour les biens de la vie. Il leur eût été permis ensuite de penser que la simplification de l’existence, résultat de ces moyens d’action perfectionnés, permettrait de réaliser une plus haute moralité. Rien de tout cela ne s’est produit: ni le bonheur, ni la paix sociale, ni l’énergie pour le bien n’ont augmenté. En premier lieu, vous semble-t-il que vos concitoyens soient, pris en masse, plus contents que leurs ancêtres et plus sûrs du lendemain? Je ne demande pas s’ils auraient des raisons de l’être, mais s’ils le sont en effet. À les regarder vivre, il me paraît qu’ils sont en majorité mécontents de leur sort, avant tout préoccupés de leurs besoins matériels et obsédés par le souci du lendemain. Jamais la question du vivre et du couvert n’a été plus aiguë ni plus exclusive que depuis qu’on est mieux nourri, mieux vêtu, mieux logé qu’autrefois. Celui-là se trompe qui croit que la question: «que mangerons-nous, que boirons-nous, de quoi serons-nous vêtus?» ne se pose qu’aux pauvres gens exposés aux angoisses des lendemains sans pain et sans abri. Chez ceux-là elle est naturelle, et pourtant c’est encore là qu’elle se pose le plus simplement. Il faut aller chez ceux qui commencent à jouir d’un peu de bien-être, pour constater combien la satisfaction de ce qu’ils ont est troublée par le regret de ce qui leur manque. Et si vous voulez observer le souci de l’avenir matériel dans tout son luxueux développement, regardez les gens aisés et surtout les riches. Les femmes qui n’ont qu’une robe, ne sont pas celles qui se demandent le plus comment elles se vêtiront, de même ce ne sont pas les rationnés du strict nécessaire, qui s’interrogent le plus sur ce qu’ils mangeront demain. Par une conséquence nécessaire de la loi que les besoins grandissent des satisfactions qu’on leur donne: plus un homme a de bien, plus il lui en faut.
Plus il est assuré du lendemain selon la vue ordinaire du bon sens, plus il se condamne à se préoccuper de quoi il vivra, lui et ses enfants, comment il établira ceux-ci et leurs descendants. Rien ne saurait donner une idée des craintes d’un homme établi, de leur nombre, de leur portée, de leurs nuances raffinées.
De tout cela, il est résulté à travers les différentes couches sociales, et selon les conditions, avec une intensité variable, une agitation générale, un état d’esprit très complexe qui ne saurait mieux se comparer qu’à l’humeur des enfants gâtés à la fois comblés et mécontents.
Si nous ne sommes pas devenus plus heureux, nous ne sommes pas devenus plus pacifiques et plus fraternels. Les enfants gâtés se disputent souvent et avec acharnement. Plus l’homme a de besoins et de désirs, plus il a d’occasions de conflit avec ses semblables, et ces conflits sont d’autant plus haineux que les causes en sont moins justes. Que l’on se batte pour le pain, le nécessaire, c’est la loi naturelle. Elle peut sembler brutale, mais il y a une excuse dans sa dureté même, et en général elle se borne aux cruautés rudimentaires. Tout autre est la bataille pour le superflu, pour l’ambition, pour le privilège, pour le caprice, pour la jouissance matérielle. Jamais la faim n’a fait commettre à l’homme les bassesses que lui font commettre l’ambition, l’avarice, la soif des plaisirs malsains. L’égoïsme devient plus malfaisant à mesure qu’il se raffine. Nous avons donc assisté de ce temps à une aggravation de l’esprit d’hostilité entre semblables, et nos cœurs sont moins apaisés que jamais.
Est-il utile de se demander après cela si nous sommes devenus meilleurs? Le nerf du bien n’est-il pas dans la capacité de l’homme d’aimer quelque chose en dehors de lui-même? Et quelle place reste-t-il pour le prochain dans une vie sacrifiée aux préoccupations matérielles, aux besoins en majorité factices, à la satisfaction des ambitions, des rancunes et des fantaisies? L’homme qui se met tout entier au service de ses appétits, les fait si bien grandir et multiplier qu’ils deviennent plus forts que lui. Une fois qu’il est leur esclave, il perd le sens moral et l’énergie, et il devient incapable de distinguer le bien et de le pratiquer. Il est livré à l’anarchie intérieure des désirs dont naît à la longue l’anarchie extérieure. La vie morale consiste dans le gouvernement de soi-même, l’immoralité consiste dans le gouvernement de nous-mêmes par nos besoins et nos passions. Ainsi peu à peu les bases de la vie morale se déplacent et la règle du jugement dévie.
Pour un homme esclave de besoins nombreux et exigeants, posséder est le bien par excellence, source de tous les autres biens. Il est vrai que, dans la concurrence acharnée pour la possession, on en arrive à haïr ceux qui possèdent, et à nier le droit de propriété lorsque ce droit est entre les mains d’autrui et non entre les nôtres. Mais l’acharnement à attaquer ce que possède autrui, est une preuve nouvelle de l’importance extraordinaire que nous attachons à posséder. Les choses et les hommes finissent par être estimés à leur valeur vénale et selon le profit qu’on en peut tirer. Tout ce qui ne rapporte rien ne vaut rien, et quiconque ne possède rien n’est rien. La pauvreté honnête risque fort de passer pour une honte, et l’argent, même malpropre, n’a pas trop de difficulté à compter pour du mérite…—Alors, nous objectera-t-on, vous condamnez le progrès moderne en bloc et vous voudriez nous ramener au bon vieux temps, à l’acétisme peut-être?—Pas le moins du monde. C’est la plus stérile et la plus dangereuse des utopies que de vouloir ressusciter le passé, et l’art de bien vivre ne consiste pas à se retirer de la vie. Mais nous cherchons à mettre en lumière, afin de lui trouver un remède, une des erreurs qui pèsent le plus lourdement sur le progrès social, à savoir que l’homme devient plus heureux et meilleur par l’augmentation du bien-être extérieur. Rien n’est plus faux que ce prétendu axiome social. Au contraire, la diminution de la capacit

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