Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, tome 5/6

Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, tome 5/6

Author:
P. L. Jacob
Author:
P. L. Jacob
Format:
epub
language:
French

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Author: Jacob, P. L., 1806-1884
Prostitution
Prostitution — History
Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, tome 5/6
Note de transcription:
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HISTOIRE
DE LA
PROSTITUTION
CHEZ TOUS LES PEUPLES DU MONDE
DEPUIS
L’ANTIQUITÉ LA PLUS RECULÉE JUSQU’A NOS JOURS,
PAR
PIERRE DUFOUR,
Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes françaises et étrangères.
ÉDITION ILLUSTRÉE
Par 20 belles gravures sur acier, exécutées par les Artistes les plus éminents.
TOME CINQUIÈME

PARIS.—1853.
SERÉ, ÉDITEUR, RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 52;
ET CHEZ MARTINON, RUE DE GRENELLE-SAINT-HONORÉ, 14.
TYPOGRAPHIE PLON FRÈRES,
RUE DE VAUGIRARD, 36, A PARIS.

HISTOIRE
DE LA
PROSTITUTION

CHEZ TOUS LES PEUPLES DU MONDE
DEPUIS
L’ANTIQUITÉ LA PLUS RECULÉE JUSQU’A NOS JOURS,
PAR
PIERRE DUFOUR,
Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes françaises et étrangères.
TOME CINQUIÈME.

PARIS—1853
SERÉ, ÉDITEUR, 52, RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS,
ET
P. MARTINON, RUE DE GRENELLLE-SAINT-HONORÉ, 14.

FRANCE.

  • J. Veyrassat del.
  • Imp. Delamain 8, r. Gît-le-Cœur, Paris.
  • Frilley Sc.

ARRESTATION DE RICHARD CŒUR DE LION dans un Cabaret

HISTOIRE
DE
LA PROSTITUTION.

CHAPITRE XXI.

Sommaire.—Symptômes de la syphilis, d’après Fracastor.—Affaiblissement et transformation du virus, à partir de l’année 1526.—Traitement italien par le mercure.—Traitement français par le bois de gaïac.—Arrêt du parlement de Paris contre le mal de Naples, en 1497.—Premiers hôpitaux vénériens à Paris.—Ordonnances du prévôt de Paris et mesures de police, sous Louis XII, François 1er et Henri II.—Invasion de la syphilis dans les provinces depuis 1494.—Les médecins refusent de soigner les malades.—Le Triumphe de très-haute et très-puissante dame Vérole.—Ce livre rarissime, attribué à Rabelais, sous le pseudonyme de Martin Dorchesino.—Citation d’un passage du Pantagruel.—La gorre de Rouen.—Les syphilitiques admis à l’Hôtel-Dieu de Paris.—L’hôpital de l’Ourcine.—Disparition des léproseries en France.
Quels étaient les symptômes, quel fut le traitement médical du mal de Naples, dans les premiers temps de son apparition? Il ne faut pas croire que ce mal horrible, qui passa d’abord pour incurable, ait eu, à son début, le même caractère, le même aspect, qu’à l’époque de sa décroissance et de sa période stationnaire. On pourrait dire, sans craindre d’avancer un paradoxe, que la maladie, à quelques exceptions près et hors de certaines circonstances excentriques, est redevenue aujourd’hui ce qu’elle était avant le monstrueux accouplement de la lèpre et du virus vénérien. Dès l’année 1540, selon le témoignage de Guicchardin qui avait rapporté l’origine de l’épidémie à l’année 1494, le mal «s’était fort adouci et s’était changé lui-même en plusieurs espèces différentes de la première.» Dans les commencements, c’est-à-dire dans la période de temps qui suivit l’explosion subite et presque universelle de ce mal inconnu que les médecins considéraient comme une pestilence, les symptômes étaient bien dignes de l’effroi qu’ils inspiraient, et l’on comprend que, dans tous les pays où la maladie avait éclaté, des règlements de police, imités de ceux qu’on avait jadis mis en vigueur contre la lèpre, retranchassent de la société des vivants les malheureuses victimes de cette peste honteuse. On supposait, d’ailleurs, que la contagion était plus immédiate, plus prompte, plus inévitable que dans toute autre maladie contagieuse; on ne savait pas non plus si la transmission du mal s’opérait seulement par la conjonction charnelle; on s’imaginait que l’haleine, le regard même d’un vérolé pouvait communiquer l’infection.
Tous les médecins qui ont observé la maladie entre les années 1494 et 1514, qu’on attribue à sa première période d’invasion et de développement, semblent épouvantés de leurs propres observations; ils s’accordent et se répètent à peu près dans la description des symptômes syphilitiques, qui pouvaient ne pas se rencontrer également chez tous les malades, mais qui formaient néanmoins la constitution primitive du mal de Naples. Jérôme Fracastor a résumé admirablement les traités de Léoniceno, de Torrella, de Cataneo et d’Almenar, ses contemporains, dans son livre De Morbis contagiosis, où il décrit les symptômes qu’il avait pu observer lui-même, lorsqu’il étudiait la médecine et professait la philosophie à l’université de Vérone. Fracastor résume en ces termes la peinture affreuse du mal de Naples à son origine: «Les malades étaient tristes, las et abattus; ils avaient le visage pâle. Il venait, chez la plupart, des chancres aux parties honteuses: ces chancres étaient opiniâtres; quand on les avait guéris dans un endroit, ils apparaissaient dans un autre, et c’était toujours à recommencer. Il s’élevait ensuite, sur la peau, des pustules avec croûte: elles commençaient, dans les uns, par attaquer la tête, et c’était le plus ordinaire; dans les autres, elles paraissaient ailleurs. D’abord elles étaient petites, ensuite elles augmentaient peu à peu jusqu’à la grosseur d’une coque de gland, dont elles avaient la figure; d’ailleurs, assez semblables aux croûtes de lait des enfants; dans quelques-uns, ces pustules étaient petites et sèches; dans d’autres, elles étaient grosses et humides; dans les uns, livides; dans les autres, blanchâtres et un peu pâles; dans d’autres, dures et rougeâtres. Elles s’ouvraient au bout de quelques jours et rendaient continuellement une quantité incroyable d’une liqueur puante et vilaine. Dès qu’elles étaient ouvertes, c’étaient de vrais ulcères phagédéniques, qui consumaient non-seulement les chairs, mais même les os. Ceux dont les parties supérieures étaient attaquées, avaient des fluxions malignes, qui rongeaient tantôt le palais, tantôt la trachée artère, tantôt le gosier, tantôt les amygdales. Quelques-uns perdaient les lèvres; d’autres, le nez; d’autres, les yeux; d’autres, toutes les parties honteuses. Il venait à un grand nombre, dans les membres, des tumeurs gommeuses qui les défiguraient, et qui étaient souvent de la grosseur d’un œuf ou d’un petit pain. Quand elles s’ouvraient, il en sortait une liqueur blanche et mucilagineuse. Elles attaquaient principalement les bras et les jambes; quelquefois, elles s’ulcéraient; d’autres fois, elles devenaient calleuses jusqu’à la mort. Mais, comme si cela n’eût pas suffi, il survenait encore, dans les membres, de grandes douleurs; souvent, en même temps que les pustules; quelquefois, plus tôt, et d’autres fois, plus tard. Ces douleurs, qui étaient longues et insupportables, se faisaient sentir principalement dans la nuit, et n’occupaient pas proprement les articulations, mais le corps des membres et les nerfs. Quelques-uns néanmoins avaient des pustules sans douleurs; d’autres, des douleurs sans pustules; la plupart avaient des pustules et des douleurs. Cependant tous les membres étaient dans un état de langueur; les malades étaient maigres et défaits, sans appétit, ne dormaient point, étaient toujours tristes et de maussade humeur, et voulaient toujours demeurer couchés. Le visage et les jambes leur enflaient. Une petite fièvre se mettait quelquefois de la partie, mais rarement. Quelques-uns souffraient des douleurs de tête, mais des douleurs longues, et qui ne cédaient à aucun remède.» Nous regrettons d’avoir employé la traduction lourde et incorrecte du bonhomme Jault, qui, pour avoir été faite sous les yeux d’Astruc, donne une bien faible idée du style ferme, élégant et poétique de Fracastor, mais nous voulions laisser à un homme de l’art le soin de donner ici une traduction médicale plutôt que littéraire.
Conçoit-on, après la lecture de cette description si caractéristique, que le savant Fracastor ait nié, dans le même ouvrage, l’analogie frappante qui existait entre la lèpre et le mal de Naples? Le dernier, n’étant qu’une complication de la lèpre sous l’influence du virus vénérien, devait avoir des rapports intimes avec la peste inguinale du sixième siècle et le mal des ardents, du neuvième, qui ne furent aussi que des transformations épidémiques de l’éléphantiasis. Mais le mal de Naples, à partir de l’année 1514, eut aussi ses métamorphoses, causées sans doute par ce que nous nommerons le croisement des races de la maladie. Jean de Vigo cite le premier les squirres osseux qui survenaient chez les malades, un an au moins après d’atroces douleurs internes dans tous les membres. Ces squirres, qui tourmentaient beaucoup le patient, surtout pendant la nuit, aboutissaient toujours à la carie de l’épine dorsale. Pierre Manardi, qui traitait avec habileté les maladies syphilitiques, vers le même temps que Jean de Vigo (1514 à 1526), signale de nouveaux symptômes qui dénotent le virus vénérien: «Le principal signe du mal français, dit-il au chapitre 4 de son traité De Morbo gallico, consiste en des pustules qui viennent à l’extrémité de la verge chez les hommes, à l’entrée de la vulve ou au col de la matrice chez les femmes, et en une démangeaison aux parties qui contiennent la semence. Le plus souvent ces pustules s’ulcèrent; je dis le plus souvent, parce que j’ai vu des malades chez qui elles s’étaient durcies comme des verrues, des clous et des poireaux.» Il paraît que, durant cette seconde période, le mal de Naples, malgré quelques variations symptomatiques, conserva toute son intensité. Mais, de 1526 à 1540, il entra dans une période décroissante, quoique le mal vénérien se dessinât davantage par la tumeur des glandes inguinales et par la chute des cheveux. «Quelquefois le virus se jette sur les aines et en tuméfie les glandes, dit un médecin français, Antoine Lecocq, qui publia en 1540 son opuscule De Ligno sancto; si la tumeur suppure, c’est souvent un bien. Cette maladie s’appelle bubon; d’autres la nomment poulain, par un trait de raillerie contre ceux qui en sont attaqués, d’autant qu’ils marchent en écartant les jambes comme s’ils étaient à cheval.» Quant à la chute des cheveux et des poils, on doit l’attribuer moins à la maladie qu’au traitement mercuriel qu’on lui faisait subir. «Depuis environ six ans, disait Fracastor en 1546, la maladie a encore changé considérablement. On ne voit maintenant des pustules, que dans très-peu de malades, presque point de douleurs ou des douleurs bien plus légères, mais beaucoup de tumeurs gommeuses. Une chose qui a étonné tout le monde, c’est la chute des cheveux et des autres poils du corps….. Il arrive encore pis à présent: les dents branlent à plusieurs, et tombent même à quelques-uns.» C’était là évidemment la conséquence de l’emploi du mercure dans la médication italienne; mais, en France, où l’usage des remèdes végétaux et surtout du bois de gaïac avait prévalu, les accidents de la maladie différaient d’une manière essentielle, qui nous permet d’avancer que le mal de Naples, en s’éloignant de sa source, était redevenu exclusivement vénérien et s’était dégagé de la lèpre, ou du farcin, ou de toute autre affection contagieuse avec laquelle il avait fait une alliance adultère.
Nous ne suivrons pas plus loin les dégénérescences du mal de Naples; nous avons voulu seulement faire comprendre que la lèpre persistait toujours sous le masque de ce mal nouveau, et que les climats, les tempéraments, les circonstances locales agissaient intimement sur les causes et les effets de la maladie. Il était inutile de démontrer autrement quelle terrible action devait avoir la débauche publique, à cette époque, sur la santé de ceux qui s’y livraient. On ne niera pas que le mal était d’une nature si communicative, que la contagion pouvait exister, dans une foule de cas, sans que l’acte vénérien lui servît de véhicule; on conçoit donc que si le fléau pénétrait, on ne sait par quelle voie, dans l’intérieur des ménages honnêtes, il devait être inévitablement attaché aux faits et gestes de la Prostitution. La fréquentation des femmes de mauvaise vie ne fut jamais plus dangereuse que dans les cinquante années qui suivirent la première apparition du fléau, car on ne s’avisa que fort tard de soupçonner que ce fléau, né d’un commerce impur quelconque, se transmettait plus rapidement et plus sûrement par les rapports sexuels, que par tout autre contact ou accointance. Les mœurs étaient plus régulières en France qu’en Italie, et les débauchés, pour les besoins de qui on laissait ouverts les lieux de Prostitution, vivaient absolument en dehors de la vie commune. Ce fut parmi eux que le mal de Naples exerça d’abord ses fureurs et ses ravages, sans que la médecine et la chirurgie daignassent s’occuper d’eux et leur donner des soins, qu’on jugeait inutiles pour le malade et honteux pour le praticien. Quelques écoliers mal famés, des apothicaires, de vieilles entremetteuses, qui se faisaient largement payer leurs consultations et leurs drogues, s’aventurèrent à traiter les pauvres vérolés, comme on les appelait, et ils opérèrent quelques guérisons à l’aide de recettes empiriques connues de temps immémorial pour le traitement des maladies pustuleuses. Mais ce n’est qu’en 1527, qu’un véritable médecin, Jacques de Bethencourt, osa se compromettre, au point de publier des recherches et des conseils sur la syphilis dans un petit livre intitulé Nouveau Carême de pénitence ou purgatoire du mal vénérien (Nova penitentialis Quadragesima necnon purgatorium in morbum gallicum seu venereum). Avant Jacques de Bethencourt, un seul médecin français, qui a gardé l’anonyme, s’était aventuré à joindre un remède contre la grosse vérole à sa paraphrase française du Regimen sanitatis d’Arnoul de Villeneuve, publié à Lyon en 1501. On aurait pu penser, à voir combien l’art restait étranger au mal de Naples, que ce mal formidable n’avait pas encore pénétré en France, tandis qu’il s’y était partout répandu, malgré tous les efforts de l’autorité religieuse, politique et municipale. Il faut faire observer cependant que la maladie attaquait rarement les honnêtes gens, et qu’elle se concentrait, pour ainsi dire, dans les classes réprouvées de la société, parmi les femmes et les hommes de mauvaise vie, les vagabonds, les mendiants, les truands et les infâmes hôtes des Cours des Miracles.
On trouve, dans les registres du parlement de Paris, à la date du 6 mars 1497, une ordonnance qui nous apprend que l’évêque de Paris (c’était alors un prélat vénérable, nommé Jean Simon) avait pris l’initiative des mesures de salubrité, que réclamait la propagation de la grosse vérole. Cette maladie contagieuse, «qui, puis deux ans en çà, a eu grant cours en ce royaume, dit l’ordonnance, tant de ceste ville de Paris, que d’autres lieux,» faisait craindre aux hommes de l’art, qu’elle ne se multipliât encore à la faveur du printemps. En conséquence, l’évêque avait convoqué, à l’évêché, les officiers du roi en Châtelet, pour leur soumettre ses appréhensions à cet égard; il fut décidé qu’on en référerait au parlement, et la Cour, s’étant réunie pour délibérer, commit un de ses conseillers Martin de Bellefaye et son greffier, pour seconder les vues charitables de l’évêque, et pour s’entendre à ce sujet avec le prévôt de Paris. Le parlement rendit une ordonnance qui fut publiée dans les rues et carrefours, et qui renfermait la police concernant la maladie nouvelle. Cette police avait été discutée, en présence de l’évêque de Paris, par plusieurs grands et notables personnages de tous estatz. Les étrangers, tant hommes que femmes, malades de la grosse vérole, devaient sortir de la ville, vingt-quatre heures après la publication de l’ordonnance, sous peine de la hart; qu’ils retournassent, soit dans leur pays natal, soit dans l’endroit où ils faisaient leur résidence quand la maladie les avait attaqués. Pour faciliter leur prompt départ, on délivrerait à chacun d’eux, lorsqu’ils sortiraient par les portes Saint-Denis ou Saint-Jacques, la somme de 4 sols parisis, en prenant leur nom par écrit et en leur faisant défense de rentrer dans la ville, avant leur guérison. Quant aux malades qui résidaient et demeuraient à Paris lorsqu’ils avaient été atteints de la maladie, injonction leur était faite de se retirer dans leurs maisons, «sans plus aller par la ville, de jour et de nuit,» sous peine de la hart. Si ces malades, relégués dans leur domicile, étaient pauvres et indigents, ils pouvaient se recommander aux curés et marguilliers de leurs paroisses, qui les pourvoiraient de vivres. Au contraire, les malades, qui n’auraient pas d’asile, étaient sommés de se retirer au faubourg de Saint-Germain-des-Prés, où une maison avait été louée et disposée pour leur servir d’hôpital. D’autres demourances seraient préparées ailleurs pour les pauvres femmes malades, qui étaient moins nombreuses que les hommes, mais qui par honte cachaient sans doute aussi longtemps que possible leur état de santé. On prévoyait déjà que l’hospice provisoire de Saint-Germain-des-Prés ne suffirait pas, à cause de l’augmentation du nombre des malades, et l’on promettait d’y adjoindre des granges et autres lieux voisins de cet hospice, afin de recevoir tous les pauvres qui se présenteraient pour se faire panser. Les dépenses de ces nouvelles maladreries étaient à la charge de la ville, dans laquelle on ferait des quêtes et où l’on établirait au besoin un impôt spécial. Deux agents comptables devaient être placés, l’un à la porte Saint-Jacques, l’autre à la porte Saint-Denis, pour délivrer les 4 sols parisis et pour inscrire les noms de ceux qui toucheraient cette indemnité, en sortant de la ville; des surveillants seraient placés à toutes les portes de Paris, pour que les malades n’y rentrassent pas apertement ou secrètement. L’article le plus important de l’ordonnance est le huitième, ainsi conçu: «Item, sera ordonné par le prévost de Paris, aux examinateurs et sergents, que, ès quartiers dont ils ont la charge, ils ne souffrent et permettent aucuns d’iceulx malades aller, converser ou communiquer parmi la ville. Et où ils en trouveront aucuns, ils les mettent hors d’icelle ville, ou les envoient et mènent en prison, pour estre pugnis corporellement, selon ladite ordonnance.»
Cet article prouve que la grosse vérole était regardée comme une sorte de peste, et que, dès cette époque, on avait organisé dans Paris un service de santé avec des examinateurs et des sergents, attachés à chaque quartier de la ville, et chargés de faire observer rigoureusement les règlements sanitaires. Cependant, on ne croyait pas à l’infection de l’air durant le règne de la maladie, puisque les malades sont autorisés à rester dans la ville, pourvu qu’ils soient enfermés chez eux. Il est probable que les maisons où logeaient des malades étaient signalées à l’attention publique par quelque signe extérieur, tel qu’une botte de paille suspendue à une des fenêtres, ou bien une croix de bois noir clouée à la porte. Une désignation de ce genre fut du moins exigée de ceux qui habiteraient des maisons infectées de peste, par une ordonnance du prévôt de Paris, en date du 16 novembre 1510. Quoique cette ordonnance et celles d’une date postérieure, relatives aux épidémies, ne prescrivent aucune mesure de prudence à l’égard des lieux de débauche, il est certain qu’on les faisait évacuer et qu’on en scellait la porte jusqu’à ce que la santé publique fût améliorée. Il en était de même des étuves, qu’on fermait pendant toute la durée de la contagion. Dans le cours du printemps de 1497, le nombre des malades de la grosse vérole s’accrut considérablement, selon les prévisions du bon évêque. «Le vendredi 5 mai, la Cour de parlement prélevoit une somme de 60 livres parisis (environ 300 fr. de notre monnaie) sur le fonds des amendes, et faisoit remettre cette somme à sire Nicolas Potie

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