Dictionnaire de nos fautes contre la langue française

Dictionnaire de nos fautes contre la langue française

Author:
Raoul Rinfret
Author:
Raoul Rinfret
Format:
epub
language:
French

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Author: Rinfret, Raoul
French language — Canada — Dictionaries
Dictionnaire de nos fautes contre la langue française
— Note de transcription —
Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. Il y a une note plus détaillée à la fin de ce livre.

DICTIONNAIRE
DE
NOS FAUTES
CONTRE
La Langue Française
PAR
RAOUL RINFRET


MONTREAL
CADIEUX & DEROME
EDITEURS

DICTIONNAIRE
DE
NOS FAUTES
CONTRE
La Langue Française


CONTENANT

1o Nos fautes contre la langue française et leurs corrections.
2o Règles de grammaire, difficultés, etc., relatives à nos fautes les plus fréquentes.
3o Nos fautes de prononciation.
4o Mots français et mots anglais dont l’orthographe se ressemble.
5o Mots dont l’accent circonflexe est quelquefois oublié.

PAR
RAOUL RINFRET


MONTREAL
CADIEUX & DEROME
EDITEURS
Enregistré conformément à l’Acte du Parlement du Canada, l’an mil huit cent quatre-vingt-seize, par Raoul Rinfret, au Ministère de l’Agriculture.
Typ. John Lovell & Son.

PREFACE.


Le livre que je publie est, en grande partie, un résumé de tout ce qui a été écrit au Canada relativement à nos fautes contre la langue française (la liste des ouvrages mis à contribution est donnée plus bas). Quelques ouvrages français, qui traitent des locutions vicieuses en usage en France, ont été consultés. J’ai ajouté un assez grand nombre de termes locaux, que j’avais commencé à recueillir il y a quelques années.
Afin de ne pas surcharger ce dictionnaire, je ne corrige pas les fautes que font seules les personnes sans instruction, ni les fautes qui se commettent dans l’emploi des mots techniques des professions et des métiers; à moins que ces mots n’appartiennent au domaine public.
Il nous faut apprendre le français tel qu’il existe en France. Il ne peut être question pour nous de créer une langue spéciale. Je suis forcé de condamner, bien à regret, une foule d’expressions employées ici tous les jours, mais qui ne sont plus correctes parce qu’elles ont vieilli ou changé de signification. Si nous commençons à nous écarter, de propos délibéré, du véritable français, tel qu’il est parlé et compris de nos jours, en conservant nos archaïsmes, où nous arrêterons-nous?
Il est inutile d’ajouter que je ne condamne pas les mots de la langue canadienne qui n’ont pas d’équivalents en France.
Nous somme obligés d’apprendre l’anglais. Apprenons-le bien. Mais quand nous parlons le français, évitons d’y mêler des mots à moitié anglais. Je signale avec soin les anglicismes, cette plaie de notre langue.
Le génie d’une langue ne peut s’apprendre dans les dictionnaires, a-t-on dit. C’est vrai. Mais avant d’essayer de nous pénétrer du génie de la langue française par la lecture des bons auteurs, débarrassons-nous au moins des fautes grossières que nous commettons contre elle. Ce petit dictionnaire nous aidera, j’espère, à atteindre ce but.
M. Fréchette a recueilli des notes très complètes sur notre langue canadienne. Je le remercie de tout cœur de me les avoir communiquées. Elles m’ont été bien utiles. Elles contiennent un grand nombre d’expressions vicieuses qui ne sont pas mentionnées dans les autres ouvrages.
Le dictionnaire est divisé en plusieurs parties. Il s’est glissé quelques erreurs dans la disposition des articles. Il a été difficile, dans certains cas, d’établir une ligne de démarcation entre la première et la deuxième partie.
La première partie contient nos fautes contre la langue française, et leurs corrections.
La deuxième partie contient les mots dont le genre est douteux ou quelquefois changé; la définition des mots qu’on peut confondre à cause de leur synonymie ou de leur paronymie; les difficultés et les règles relatives à nos fautes contre la langue. J’ai ajouté quelques articles oubliés dans la première partie, préférant les donner hors de leur place, plutôt que de ne les pas donner du tout.
La troisième partie traite de la prononciation. Je ne cite que les mots que nous prononçons mal, et nos principaux défauts de prononciation. Ces défauts sont: 1o de faire ordinairement a trop grave (V. A); 2o de ne pas prononcer g assez de la gorge (V. G); 3o de ne pas faire sentir les consonnes d, l, m, n, r, lorsqu’elles sont doubles; 4o de mal prononcer les diphthongues oi, un. (V. Oi, Un).
Nous commettons beaucoup de fautes de prononciation par une négligence inexcusable.
Quatrième partie. Nous nous servons tous les jours de la langue anglaise; ce qui nous fait parfois mal épeler un mot français parce que son orthographe ressemble à celle du mot anglais correspondant. J’ai recueilli ces termes paronymes, retranchant ceux qui sont employés rarement.
La cinquième partie donne les mots dont l’accent circonflexe est quelquefois oublié.


LISTES DES OUVRAGES CONSULTÉS.

OUVRAGES CANADIENS.
Manuel des Difficultés les plus communes de la Langue Française, suivi d’un Recueil de Locutions Vicieuses.
Québec, 1841; l’Abbé T. Maguire, V. G.
Recueil des Expressions Vicieuses et des Anglicismes les plus fréquents.
Québec, 1860; par un membre de la Société Typographique de Québec.
Le Mémorial des Vicissitudes et des Progrès de la Langue Française en Canada.
Montréal, 1879; Bibaud.
L’Anglicisme, voilà l’Ennemi.
Québec, 1880; J. P. Tardivel.
Glossaire Franco-Canadien et Vocabulaire de Locutions Vicieuses usitées au Canada.
Québec, 1880; Oscar Dunn.
Petit Vocabulaire à l’usage des Canadiens-Français.
Trois-Rivières, 1880; l’Abbé N. Caron.
Manuel des Expressions Vicieuses les plus fréquentes.
Ottawa, 1880; J. F. Gingras.
Dictionnaire des Locutions Vicieuses du Canada (lettre A).
Québec, 1881; J. A. Manseau.
Anglicismes et Canadianismes.
Québec, 1888; A. Buies.
Fautes à Corriger.
Québec, 1890; Alphonse Lusignan.
La Langue Française au Canada.
Québec, 1890; Napoléon Legendre.
A propos d’Education.
Montréal, 1893; Louis Fréchette.
Notre Langue Technique (Conférences).
Québec, 1890; C. E. Gauvin.
Dictionnaire Canadien-Français.
Montréal et Boston, 1894; Sylva Clapin.
“Corrigeons-nous” de “La Patrie.”
Montréal, du 18 juillet 1893 au 6 juillet 1895; Louis Fréchette.
Notes, contenant environ 4500 mots, recueillies par M. Fréchette, et mises à la disposition de l’auteur.
OUVRAGES FRANÇAIS.
Du Bon Langage, et des Termes et des Locutions Vicieuses à éviter.
Paris, 1876; comtesse Drohojowska.
Les Omnibus du Langage avec le Corrigé des Locutions Vicieuses.
Paris; D. Lévi Alvarès, père.
2000 Locutions et Fautes à corriger.
Paris. Collection “Cent Bons Livres.”
Petit Dictionnaire raisonné des Difficultés et Exceptions de la Langue Française.
Paris, 1886; Soulice et Sardou.
R. R.
Montreal, juillet 1896.

DICTIONNAIRE
— DE —
NOS FAUTES
CONTRE
La Langue Française.


A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W Y Z
A

A.—On entend souvent l’expression: Sept à huit personnes. C’est une faute. Il faut dire: Sept ou huit personnes. Voici la règle: entre deux nombres consécutifs, il faut employer la conjonction ou lorsque le substantif qui suit est indivisible, et à s’il est divisible: Il y avait sept ou huit personnes. Il y a cinq à six lieues. Dans cette dernière phrase, on devra dire: cinq ou six lieues, si l’on veut spécifier que c’est l’une ou l’autre de ces deux quantités.
Ne dites pas: j’ai plusieurs endroits à aller; mais: il me faut aller à plusieurs endroits.
à matin, à soir, sont des expressions fautives que l’on entend tous les jours pour ce matin, ce soir.
On doit dire: cent bottes de foin par et non à l’arpent.
C’est une faute d’employer à, aux, pour de lorsqu’il s’agit de désigner la substance qui compose un mets. Il faudra dire: compote de pommes; marmelade de pêches; confitures d’abricots; fricassée de poulet; gelée de veau, pâté de lièvre, salade de homard, etc. L’emploi de à indique que la substance mentionnée n’est qu’un accessoire, ou désigne la manière dont un mets est apprêté: omelette aux fines herbes, gelée au rhum, macaroni au gratin.
Cette laitue monte à graine, à la graine, sont des expressions fautives. Il faut dire: Cette laitue monte en graine.
On ne doit pas dire: il insiste, il demande, il consent à ce que vous veniez; mais: il insiste que ou pour que, il demande que, il consent que vous veniez.
A ne saurait être employé pour de exprimant un rapport de possession. Le pré d’un tel, et non: le pré à un tel. L’Académie fait une exception pour la locution populaire: La barque à Caron. On emploie aussi quelquefois à, dans ce cas, par plaisanterie.
Il faut dire: ne servir de rien, et non: ne servir à rien. Cela ne sert de rien d’essayer de le convaincre.
Ne dites pas: Il est parti à Québec, mais pour Québec.

AA1, A1.—Ces expressions anglaises peuvent se traduire par marqué à l’A. Larousse dit: “Proverbe. C’est un homme marqué à l’A. Se dit d’un individu d’une haute probité, d’un noble caractère, d’une intelligence distinguée. Ce proverbe a été emprunté des monnaies fabriquées à Paris et qui sont marquées de la lettre A. Il est des bons, il est marqué à l’A (H. Estienne).”

Abandonner une poursuite.—Expression vicieuse, en termes de procédure. Dites: Renoncer à une poursuite, se désister d’une poursuite. D’après Bescherelle, il est préférable de spécifier et de dire: Se désister d’une demande, d’une plainte, d’un appel.

Abord.—De premier abord n’est pas français. Dites: de prime abord, au premier abord, tout d’abord.
D’abord que signifie en français aussitôt que. C’est une faute de lui donner le sens de pourvu que, puisque, du moment que, comme dans ces phrases: d’abord qu’il le dit (puisqu’il le dit); d’abord qu’il viendra (pourvu qu’il vienne).

Aboutant.—Est le part. prés. d’abouter. Il faut se servir d’aboutissant, et non d’aboutant, pour désigner les parcelles de terre voisines dans le sens de la longueur. Mentionner les tenants et les aboutissants.

Abrier, s’Abrier.—Signifient: mettre quelque chose, se mettre à l’abri du vent. Ne sont plus français dans le sens d’envelopper quelqu’un, de s’envelopper de couvertures; il faut dire: Couvrir quelqu’un, se couvrir. Couvrez l’enfant comme il faut, et non Abriez… Couvrez-vous en vous couchant, et non: Abriez-vous…

Abuser quelqu’un.—Signifie en français le tromper. Abuser les esprits faibles. C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens d’insulter, d’injurier, comme dans cette phrase: Il l’a abusé. Dites: Il l’a insulté, injurié; il l’a abreuvé, accablé d’injures.

Accaparer (s’).—Signifie: être accaparé: Les blés s’accaparent en ce moment. Il ne faut pas dire: Il s’est accaparé tout le blé du marché, mais: Il a accaparé

Accent.—V. Circonflexe.

Acceptance.—Mot anglais. Dites: acceptation (d’une lettre de change, etc.), et non acceptance.

Accommodation.—N’est guère employé qu’en termes de philosophie, de linguistique, de physiologie et de théologie. C’est un anglicisme de lui donner le sens de confort, commodité, espace. Au lieu de: Ce bateau manque d’accommodation, il faut dire: Ce bateau manque de confort; ou bien manque de cabines, si l’on veut parler de l’aménagement, de la grandeur.
Billet d’accommodation est un anglicisme. En français, on dit billet de complaisance (terme de commerce).

Accomplissement.—Anglicisme dans le sens de talent, mérite, qualités. (Il avait autrefois ce sens.) Signifie, en français, exécution, réalisation d’une chose projetée, promise ou souhaitée. Accomplissement d’un vœu.

Acconnaître.—N’est plus français. Dites: Connaître, savoir. On le trouve dans les vieilles formules du droit: Lui fait acconnaître et assavoir.

Accord.—Mettre d’accord signifie concilier. Le juge les mit d’accord (c-à-d., les concilia). En parlant d’un instrument de musique, dites: Accorder et non mettre d’accord; accorder un violon, un piano.

Accorder un contrat.—V. Contrat.

Accoster.—Est un verbe actif. Ne dites pas: accoster au quai, contre le quai, mais accoster le quai: Ce navire a accosté le quai.

Accoter (s’).—V. Appuyer (s’).

Accouder (s’).—V. Appuyer (s’).

Accoupler.—Il faut dire: attacher des wagons, et non accoupler. Accoupler signifie: réunir deux à deux.

Accoupleur.—N’est pas français. Celui qui attache ensemble les wagons n’a pas, en France, de nom particulier. Il s’appelle homme d’équipe.

Accrochoir.—N’est pas français. Dites portemanteau (morceau de bois ou de fer fixé au mur pour suspendre des habits), crochet, patère.

Acculer.—Signifie: pousser quelqu’un dans un coin où il ne puisse plus reculer. Il ne faut pas donner à ce mot le sens d’éculer (rabattre en marchant le quartier de sa chaussure). Souliers éculés, et non acculés.

Acculoir.—N’est pas français. Dites avaloire, subst. fém. (pièce de harnais), ou reculement.

Achalant.—N’est pas français. V. Achaler.

Achaler.—N’est pas français. Dites: Il m’ennuie, il me fatigue, il m’importune, et non il m’achale.

Acompte.—Dites: J’ai reçu cent dollars à compte et non en acompte. Ou bien: J’ai reçu un acompte de cent dollars sur ce qu’il me doit.

Acoustique.—Le cylindre évasé qu’on se met à l’oreille pour communiquer par le téléphone ne s’appelle pas acoustique, mais récepteur.
Est du féminin. L’acoustique de cette église est bonne.

Acquêt.—Terme de jurisprudence. Dans ce genre de phrase: Vous avez autant d’acquêt, pour signifier gain, profit, acquêt n’est plus employé.

Acter.—Signifie: signer des actes, ou les faire rédiger (peu usité). N’est pas français dans le sens de tenir un rôle (dans une pièce de théâtre). C’est un anglicisme très usité et très condamnable: Ce jeune homme joue très bien, et non acte très bien.

Addition.—On dit additions en parlant de ce qu’on ajoute à un livre, à un document. C’est un anglicisme de lui donner le sens étendu qu’il a dans les phrases de ce genre: addition à une bibliothèque, pour désigner de nouveaux livres;—addition à une salle, pour un ou des meubles ajoutés; de l’employer pour signifier un agrandissement quelconque fait à une maison; pour signifier une annexe.

Additionnel.—C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de supplémentaire. Ne dites pas: Employé additionnel, mais: Employé supplémentaire. Signifie, en français: qui doit être ajouté. Ordonnance additionnelle.

Adjectif.—On emploie quelquefois à tort, comme adverbes, certains adjectifs qui ne peuvent l’être. Ne dites pas: moi pareil, pour moi pareillement; il viendra sûr, pour sûrement; j’y serai certain, pour certainement.

Admission.—Signifie: action d’admettre ou d’être admis. Admission aux ordres sacrés. N’est pas français dans le sens d’aveu. Ne pas dire: admission d’un crime, mais aveu d’un crime. Au lieu de: Pas d’admission, dites: Entrée interdite. Au lieu de: L’admission de Terre-Neuve dans la Confédération, dites: l’entrée
Carte d’admission doit se dire: Billet d’entrée.

Adon.—N’est pas français. Dites hasard, bonne chance.

Adonner (s’).—Le verbe s’adonner veut dire: s’attacher particulièrement à une chose, s’y complaire avec passion: s’adonner à l’étude, à la boisson. Il signifie en outre: se convenir, s’unir, sympathiser, en parlant des choses morales: Deux caractères s’adonnent. C’est une faute de dire: Je m’adonnais à passer, lorsqu’il s’est mis à la fenêtre. Dites: Je passais, lorsqu’il… Autre faute: Vous voilà? cela s’adonne bien; j’avais affaire à vous. Dites: Cela tombe bien
On entend dire souvent aussi: Je m’adonne bien avec cette personne. Ce n’est pas français. Dites: Je sympathise bien avec cette personne; nos caractères s’accordent bien.

Adosser (s’).—V. Appuyer (s’).

Adresse.—Quand on écrit à un avocat, à un médecin, à un notaire, etc., on adresse la lettre: Monsieur Un Tel, avocat, et non: Monsieur l’Avocat Un Tel.
Ne dites pas: Cette petite fille a lu une adresse à son père à l’occasion de sa fête, mais: Cette petite fille a souhaité la fête à son père. Il est cependant correct de dire: L’adresse de la Chambre des députés, en réponse au discours du trône (Acad.)

Adresser un auditoire.—Est un anglicisme. Il faut: S’adresser à un auditoire, adresser la parole à un auditoire, ou haranguer un auditoire.

Adverse.—On dit bien: la partie adverse, f

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